Facebook censure une page du planning familial


Face au danger que représente l’extrême droite pour les femmes et les minorités de genre, plus de 150 collectifs féministes ont appelé à des manifestations massives contre le Rassemblement National, le dimanche 23 juin dernier. Parmi ces collectifs, le planning familial, plus grand réseau associatif et militant travaillant sur les questions de santé sexuelle en France.


Facebook censure une page du planning familial

La veille de la manifestation, la page Facebook du planning familial du Finistère (29) est suspendue. Le motif ? L’activité de la page ne respecterait pas les «standards de la communauté». Le compte est désactivé pour «3649 jours». Soit presque dix ans.

Que s’est-il passé ? Quels «standards de la communauté» n’ont pas été respectés ? Le fait d’appeler à résister à l’extrême droite est-il devenu une infraction aux yeux de Facebook ?

Quelques jours plus tard, après que l’association ait effectué un recours auprès du réseau social, le motif se précise : il s’agirait d’une «usurpation d’identité». Pourtant, personne du coté de Facebook n’a pris la peine de vérifier cette accusation. La page a donc été suspendue sans preuve, sur simple délation mensongère.

Rappel sur Facebook

Pour rappel, Facebook a été accusé en 2016 d’avoir fait fuiter les données de 60 millions d’utilisateur-ices au profit de la firme «Cambridge Analytica», une entreprise spécialisée dans l’analyse comportementale à des fins politiques. Cette société a vendu les données au parti conservateur des États-Unis, qui s’en est servi pendant la campagne électorale qui vit Donald Trump accéder au pouvoir.

Le patron de la multinationale Facebook l’annonçait dès 2021 : les contenus politiques ne sont plus les bienvenus sur la plate-forme qui compte 2,5 milliards d’utilisateurs. Depuis 2023, de nombreuses pages engagées ont été rendues invisibles par Facebook, voir même purement et simplement supprimées de la toile.

C’est aussi le cas de Contre Attaque

Depuis l’automne 2022 notre audience, qui avait déjà connu une très forte baisse, s’est littéralement effondrée. Notre page est devenue quasiment invisible et les images de répression que nous diffusons sont régulièrement censurées par la plate-forme, ou «masquées». Facebook nous signale que ce type de contenu n’est pas «interdit» mais qu’il peut «choquer» par sa «violence» et qu’il faut donc le dissimuler au public.

À présent, la page est classée «rouge», «à risque», et un bandeau nous annonce qu’elle pourrait être supprimée définitivement à la moindre «infraction», selon les critères de Facebook. Pas plus tard que ce jeudi 27 juin 2024, Facebook a censuré notre article sur la présence de néo-nazis chez les CRS, tirée d’une enquête du Canard Enchaîné. Cet article, sourcé, a été qualifié de «fake news» et supprimé sans autre forme de procès.

Mark Zuckerberg convié à l’Élysée

En mai 2019 déjà, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg était convié à l’Élysée pour discuter «des moyens de lutter contre les contenus haineux sur Internet». Le chef de l’État demandait une plus grande marge de manœuvre pour réprimer l’usage contestataire du réseau social. Peu après, Facebook s’engageait à délivrer systématiquement les adresses IP lorsque la justice française le lui demanderait

Revenons à cette censure inadmissible du Planning Familial. Pour rappel, les élu.e.s RN s’opposent systématiquement à toute avancée juridique en terme d’égalité de genre. Sur les bancs de l’Union Européenne, ils se sont opposé·e·s à une résolution de condamnant la Pologne pour son interdiction de l’avortement. Se sont abstenus lors de l’adoption de la Convention d’Istanbul, sur la prévention de la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, ainsi que sur la directive européenne sur la transparence et l’égalité des rémunérations entre les hommes et les femmes. Entre autre. Pourtant, le Rassemblement National se fait passer pour un parti qui «défend les droits des femmes».


Alors, qui vole et usurpe l’identité de qui ?


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