Montée du RN : parole de victimes du fascisme


Pour ne jamais oublier : quelques paroles de victimes du fascisme


Les mots de Roger Lebranchu, Irène Sapir et Jean Lafaurie, victimes du fascisme lors de la seconde guerre mondiale

Pendant plusieurs décennies, le fascisme et le nazisme étaient des souvenirs clairs dans des millions d’esprits. Le pétainisme n’a jamais disparu en France, mais il était honteux, tapis dans l’ombre. Maintenant que la plupart des personnes qui ont vécu la guerre, et que la plupart des rescapés des camps et des résistants sont morts, le néofascisme fait son grand retour, profitant de l’ignorance.

Les médias ont ainsi pu dédiaboliser les héritiers des nazis. Et les capitalistes, comme dans les années 1930, en font des alliés et tentent même de les mettre au pouvoir, profitant de l’amnésie collective. En 2024, il reste des voix toujours audibles. Des héros et héroïnes qui savent de quoi ils parlent : celles d’ancien.ne.s résistant.e.s et déporté.e.s. Écoutons les.

«J’ai été déporté pour des faits de résistance et je ne veux pas qu’on soit gouverné par des anciens SS» explique Roger Lebranchu, 101 ans dans un entretien à la chaîne France 24. Il a été déporté au camp de concentration de Buchenwald. Il a survécu, puis est devenu grand champion d’aviron après guerre.

«Ils sont très intelligents. Ils disent qu’ils sont devenus comme tout le monde, mais si vous grattez un peu, rien n’a changé. À Toulon, quand il y a eu un maire FN, il s’est d’abord attaqué à la culture, alors que nous ne pouvons pas vivre sans cela. Ils veulent aussi faire des différences dans les cantines scolaires» explique Mélanie Berger-Volle, âgée de 102 ans, juive, d’origine autrichienne, qui a dû fuir l’arrivée des nazis, puis a rejoint la résistance. Elle a été arrêtée, et avait réussi à s’évader de prison. Elle votera «évidemment» contre le RN.

«Je suis malheureuse, malheureuse» explique Irène Sapir, 87 ans, lors d’une manifestation à Bergerac, le 13 juin, au micro de France Bleu. «Je suis communiste. J’ai été raflée en 1942, j’ai vécu le fascisme, l’extrême droite, et je ne veux pas que ça revienne. Malheureusement ça revient. C’est la même source : il faut savoir l’histoire».

Irène Sapir a été arrêtée avec sa mère par la police française lors de la rafle du Vel d’Hiv. Elle faisait partie des 4.000 enfants juifs raflés par la France de Pétain pour le compte de l’Allemagne nazie.

«On retrouve les éléments qu’on a connu à la fin des années 30. Je crois qu’on évolue dans le même système. Le danger est aussi à nos portes » dit Jean Lafaurie, 100 ans aujourd’hui, et engagé à l’âge de 20 ans chez les FTP, les Francs Tireurs Partisans, des résistants communistes.

En juillet 1943, il est arrêté, puis condamné à dix ans de travaux forcés. Il se mutine, il est déporté à Dachau. Il rappelle que l’extrême droite «On l’a déjà essayé ! Ils ont peut-être changé leur façon de parler pour mieux tromper les gens, mais la base du mouvement est toujours la même.»

«C’est dramatique ce qu’il se passe. On est dans la mouise. Dans la Résistance, il y avait bien sûr des Français, mais il y avait aussi beaucoup d’étrangers. Dans nos rangs, il y avait 36 nationalités» rappelle enfin Daniel Huillier, 96 ans, qui est l’un des derniers résistants du mythique maquis du Vercors.


Ces paroles précieuses sont des rappels historiques essentiels, et devraient passer tous les jours dans les JT. Au lieu de cela, les managers macronistes et les héritiers de Pétain, sans courage, ni profondeur historique, sans valeur ni culture, se partagent le monopole d’un débat public en putréfaction, ouvrant la porte au pire.


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