Il y a 7 ans déjà : l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes


Hommage à la ZAD : retour en images d’une lutte qui a façonné l’histoire de Nantes et ses alentours et fait fleurir les luttes écologistes


C’était il y a 7 ans déjà, mais celles et ceux qui ont participé à cette lutte s’en souviennent comme si c’était hier. Le 17 janvier 2018, Macron annonçait l’abandon du projet destructeur d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

C’était l’aboutissement de 50 ans de lutte. De 10 ans d’occupation de la zone. De manifestations mémorables rassemblant des dizaines de milliers de personnes – paysan-nes, urbain-es, occupant-es, jeunes et moins jeunes, émeutier-es ou pas – dans les rues de Nantes ou les sentiers de Notre-Dame-des-Landes.

L’aboutissement d’années de combats, de rires et de pleurs. De batailles rangées dans le bocage et de journées de reconstruction dans la boue. Le périphérique de Nantes bloqué par une foule immense. Des rencontres et des nuits de fête. Des dizaines de comités locaux et de longs débats.

Cet abandon il y a sept ans, c’était la première concession arrachée par une lutte depuis très longtemps. Et depuis, il faut bien reconnaître qu’il est terriblement difficile de faire reculer le pouvoir autoritaire qui gouverne la France.

Cet abandon, c’était aussi un message : ce ne sont pas toujours les multinationales et leurs flics qui l’emportent à la fin. Dans la région nantaise, c’était la troisième victoire d’une lutte de territoire, après le retrait de deux projets de centrales nucléaires au Pellerin et au Carnet, dans les années 70 et 90.

Et ce n’était pas la dernière bataille remportée : depuis, un projet de centre Amazon au sud de Nantes et l’extension d’une carrière Lafarge, ou encore un projet de Surf Park ont été abandonnés en Loire-Atlantique grâce aux résistances locales. C’est donc un territoire en lutte, fort de réseaux tissés au fil des années, qui fait trembler les aménageurs.

Après l’abandon du projet, le solide mouvement a connu des turbulences, des rivalités et des conflits inextricables ont éclaté sur la ZAD. Certain-es occupant-es sont parti-es. D’autres sont resté-es. D’autres, enfin, ont été délogé-es par une nouvelle vague d’expulsions.

Car dès le printemps 2018, Macron s’est vengé. Des milliers de gendarmes, des drones, des hélicoptères et des bulldozeurs sont envoyés sur la zone. Plus de 13.000 grenades tirées en quelques jours et la main d’un jeune homme arrachée. Pour la première fois depuis des décennies en France métropolitaine, des blindés militaires étaient envoyés contre des opposant-es. Ils seront réutilisés plus tard, pendant les Gilets Jaunes et dans les banlieues.

Cette vague d’expulsions destructrice a laissé des traces indélébiles. Des dizaines de maisons détruites, des centaines de personnes blessées, des peines de prison. Si l’aéroport est aujourd’hui abandonné, son monde mortifère règne encore. Mais il reste, dans le bocage sauvé du béton, un espace qui cultive, qui nourrit les luttes, qui accueille, qui expérimente.

Suite à l’abandon de l’aéroport, malgré tout, un riche imaginaire a fleuri, des réseaux se sont renforcés, des pratiques de lutte se sont affirmées, les désarmements se sont imposés comme une évidence. C’est ce qui a donné naissance aux Soulèvements de la Terre, le mouvement écologiste le plus puissant et le plus enthousiasmant de notre époque. Un mouvement qui fait aujourd’hui trembler le pouvoir et remporte de nombreuses batailles.

Ce 17 janvier 2025, pour l’anniversaire de l’abandon de l’aéroport, des habitants et habitantes organisaient une chaleureuse fête sur la zone, comme chaque année, avec de la musique, un repas chaud et des retrouvailles amicales.


Pour suivre l’actualité de la ZAD : ZAD NDDL Info

AIDEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.

Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.

Laisser un commentaire