Alice Cordier, cheffe de Némésis, néo-nazie chouchoutée par les médias


Prise la main dans le sac, Alice Cordier prétend qu’elle avait des «joues» de «bébé» et que le signe SS est celui d’un groupe de rap.


Alice Cordier, le cheffe de Némésis, faisant un signe SS avec un néo-nazi et prenant la pose avec Darmanin.

Une curieuse photographie fait le tour des réseaux sociaux depuis hier : on y voit Alice Cordier, cheffe du groupuscule d’extrême droite Némésis, en compagnie d’un militant néo-nazi dont le visage est flouté. Ces deux personnes semblent attablées dans un bar et miment chacun la lettre «S» en forme d’éclair avec leurs doigts. Ce qui donne SS, une référence à la Schutzstaffel, principale organisation sous le IIIᵉ Reich, milice criminelle d’élite sous les ordres d’Hitler.

Pour lever toute ambiguïté, l’individu qui poste cette photo, utilisant le pseudonyme de «Kenneth Ukraine», écrit «de Bretagne à Lyon, SS partout». Et il accompagne l’image d’un hooligan réalisant le même geste, avec avec un Soleil noir en arrière plan. Le soleil noir est un autre symbole de la mystique SS, créée par Heinrich Himmler.

Le journaliste Ricardo Parreira, spécialiste de l’extrême droite, a identifié derrière ce compte un néo-nazi nommé Gwendal Delange, ancien du groupe violent Lyon Populaire et aujourd’hui combattant en Ukraine dans le bataillon Azov. Dans ses autres publications, on le voit d’ailleurs effectuer des saluts nazis ou arborer ses tatouages de croix gammées.

Prise la main dans le sac, Alice Cordier tente une réponse pour le moins surprenante sur Twitter : «On peut s’arrêter avec la police des doigts ? Cette obsession de l’extrême gauche pour le nazisme commence à devenir suspecte […] comme mes joues en attestent je suis un bébé, dans un bar de surfer et un inconnu me montre le geste d’un groupe de rap».

Tout est fascinant dans cette réponse. Cordier inverse l’accusation, en pointant une prétendue «obsession» de l’extrême gauche pour le nazisme alors qu’il est démontré que tout son entourage est composé de néo-nazis violents. Un entourage avec qui son collectif organise des guets-apens.

Plus amusant, elle tente l’argument de l’erreur de jeunesse en parlant de ses «joues». Derrière elle, sur la photo, on aperçoit une affiche sur le centenaire de Boris Vian, qui a eu lieu en mars 2020. Cordier, aujourd’hui âgée de 28 ans, était donc largement majeure et vaccinée sur cette photo, vraisemblablement prise il y a 6 ans. Enfin, et cela devient hilarant, elle dégaine l’argument du «groupe de rap». Cordier aime autant le rap que Némésis défend les femmes, mais peu importe : elle contredit toute seule l’argument énoncé quelques mots plus tôt. S’agit-il d’une erreur de jeunesse ou d’un signe de rap ? Et quel groupe de rap utilise «SS» comme symbole ?

En plus d’être une propagandiste néo-nazie, la crédibilité d’Alice Cordier côtoie la fosse des Mariannes. On se souvient que son groupuscule a d’abord affirmé que Quentin Deranque était un jeune catholique poignardé au hasard dans la rue par des antifascistes, avant de changer de version une bonne dizaine de fois.

Tout cela pourrait être simplement pathétique, sauf qu’Alice Cordier impose ses idées à toute la population française grâce à l’appui des médias dominants, qui l’invitent quasiment chaque semaine en prime time. Alors même que son groupuscule ne représente absolument rien en terme d’effectifs, et n’a jamais eu la moindre crédibilité dans les luttes féministes.

Plus grave encore, Alice Cordier bénéficie du soutien du pouvoir. Elle avait pris la pose avec Darmanin en 2023 à la braderie de Lille, avant d’affirmer que le ministre ne la connaissait pas pour dégonfler la polémique. Puis, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, avait salué en janvier 2025 le «combat» du groupe Némésis devant le Centre de réflexion sur la sécurité intérieure, lors d’un discours sur l’insécurité. Il s’était adressé personnellement à Alice Cordier en déclarant : «Bravo pour votre combat. Vous savez que j’en suis très proche». C’est le même Retailleau qui accuse la France Insoumise d’être « antisémite » et « anti-républicaine ».

Néo-nazisme, lutte armée en Ukraine, violence de rue, instrumentalisation médiatiques et appuis jusqu’au sommet de l’État. Décidément, le monde est petit.

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