Sans surprise : Quentin Deranque était entouré de néonazis


De nouvelles enquêtes continuent de faire exploser le narratif politico-médiatique qui voulait faire passer un agresseur d’extrême droite pour un martyr


En haut Yanis Delmur, néonazi reconnu lors de la bagarre du 12 février.
En bas Alice Cordier, cheffe de Némésis, portant une casquette nazie.
L'entourage de Quentin Deranque a vraiment fière allure.

Quand il s’agissait de criminaliser l’antifascisme et de faire passer Quentin Deranque pour un jeune philosophe catholique agressé par hasard, toutes les chaînes de télévision aboyaient en cœur. Depuis que des révélations en série démontent ces mensonges, ces mêmes chaînes semblent passées à autre chose, comme si les mensonges éhontés qui ont été diffusés dans tous les foyers n’avaient jamais existés. Pourtant, la fachosphère avait construit de toutes pièces un récit victimaire, repris tel quel par les rédactions de LCI, BFM, Cnews ou France Info, et avait relégué la Jeune Garde, la France Insoumise et globalement le combat contre l’extrême droite au rang d’épouvantail.

Dans les semaines qui ont suivi les faits, ce sont les médias indépendants, dont Contre Attaque, qui ont permis de rétablir la vérité. Quentin Deranque était bien un nostalgique du IIIème Reich, un homme qui «aimait la lutte à mort» selon ses propres camarades, membre d’un groupe équipé d’armes et de cagoules. Ces derniers jours, d’autres enquêtes viennent compléter ces informations et démontrent que Deranque était effectivement entouré des pires fascistes de l’Hexagone. Membres de groupuscules dissous, saluts nazis, chansons des jeunesses hitlériennes, liens avec des suprémacistes. On vous récapitule les dernières révélations.

Service d’ordre ou militants identitaires ?

Le collectif identitaire Némésis et sa fondatrice Alice Cordier – de son vrai nom Alice Kerviel – n’ont cessé de le répéter : la vingtaine d’hommes qui étaient présents au côté de Quentin Deranque à Lyon n’auraient été que de simples «amis bénévoles». Une récente enquête de StreetPress fissure encore plus ce mensonge. Elle a permis d’identifier qui est le fasciste que l’on voit lancer une trottinette électrique lors de la bagarre du 12 février. Il s’agit de Yanis Delmur, ancien du groupuscule RED Angers, mouvement violent issu d’un autre groupe lui-même dissout.

Aux côtés de Quentin, le jour de sa mort, on trouve également Grégory Violland, qui porte bien son nom. Deux mois plus tôt, cet homme de 21 ans était condamné pour avoir fait un salut nazi devant le panneau de la commune de «Juif» en Saône-et-Loire. Dans sa chambre, les enquêteurs de police ont retrouvé un emblème SS. En outre, dans ce «service d’ordre de Némésis», on trouve Sébastien P., hooligan néonazi, avec pour bio Instagram un extrait de chant des jeunesses hitlériennes. Il était déjà sous contrôle judiciaire pour sa participation à une bagarre. De sacrés «bénévoles».

Fausses féministes, vraies suprémacistes

Le collectif Némésis est une vaste escroquerie politique. Masqué derrière une mélodie «féministe» qui sonne faux, Némésis prétend incarner une voie alternative au féminisme libéral ou marxiste, alors qu’il ne s’agit que de suprémacisme blanc. Alice Cordier expliquait d’ailleurs lors d’une conférence que son objectif était en fait de «défendre nos mâles blancs».

On ne cessera jamais de le répéter assez, Némésis n’est pas féministe. Opposé à l’égalité salariale ou au droit à l’avortement, l’entièreté de la ligne du collectif se fonde seulement sur la haine raciale. L’apparition des militantes de Némésis est une aubaine pour la mouvance néofasciste, ultra-majoritairement composé d’hommes, qui collabore volontiers avec elles pour s’adresser à un public renouvelé.

Sa fondatrice, Alice Cordier, est elle-même passé par les rangs de l’Action Française et a conservé de nombreux liens avec ses anciens camarades. Exemple en 2023 lorsque Cordier et sa bande, les «Pussyfafs» – un jeu de mot parodiant les Pussycat dolls, avec les termes pussy, minou en anglais, et faf pour «France aux français» – sont invitées au mariage de Charlène Blanc. Il s’agit d’une chanteuse suprémaciste surnommée Epona, et un certain Pierre-Guillaume Mercadal, proche de Papacito, un autre influenceur néofasciste. Dans une vidéo, Epona ironisait sur les chambres à gaz avec le directeur de la revue pétainiste Rivarol. D’après les mêmes révélations de Libération, l’une des militantes écrit même en légende d’une des photos du mariage «Santé, Bonheur et WP», pour «white power», un slogan suprémaciste.

Les médias et le député insoumis Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée Nationale, ont par ailleurs révélé au début du mois le business juteux de Némésis. Grâce à un système de défiscalisation des dons, le collectif a bénéficié indirectement d’argent public pour financer ses activités, grâce à un petit arrangement juridique. Un tour de passe-passe possible grâce à la maison mère de Némésis, l’association «Féminines & Féministes» qui s’est auto-déclarée comme une association «d’intérêt général» pour profiter des largesses du fisc.

Depuis maintenant deux mois, le système médiatique a donc défendu des groupes violents glorifiant des criminels contre l’humanité, et prêt à reproduire ces crimes s’ils arrivaient au pouvoir, et il n’y a toujours aucune excuse à l’antenne, ni rectification des faits. Seuls les éléments révélés par plusieurs médias et journalistes indépendants ont permis de déconstruire le récit dominant et l’opération de criminalisation sans précédent de l’antifascisme.


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