L’extrême droite et l’argent : escrocs, mythos, fachos


Escroquer, verbe transitif : Obtenir (quelque chose de quelqu’un) en trompant, par des manœuvres frauduleuses


Jean Messiha, l'escroc raciste spécialiste des cagnottes.

Jean Messiha parait tellement stupide qu’il peut sembler inoffensif. Mais méfiez-vous, c’est un être venimeux. Ancien fonctionnaire du Ministère de la Défense, il donne l’apparence d’une personne respectable, mais multiplie les propos fascistes et les falsifications sur les plateaux de Vincent Bolloré. Il est passé par le Front National – qu’il trouve trop à gauche – puis chez Zemmour et Hanouna, où il enchaîne les échecs d’audimat et les revers électoraux, tout en répandant partout une flaque de haine. C’est aussi un véritable escroc passionné par les cagnottes.

On apprend aujourd’hui dans les médias dominants que le politicien est visé par une plainte l’accusant d’avoir encaissé les 42.000 euros d’une cagnotte destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués pendant l’évasion de Mohamed Amra. C’est-à-dire d’avoir profité du malheur de familles endeuillées pour détourner de l’argent et s’enrichir.

Le 14 mai 2024, un commando armé attaquait le fourgon pénitentiaire dans lequel se trouvait le narcotrafiquant. Deux matons étaient tués sur un péage autoroutier. C’est le début de l’évasion et de la cavale du criminel qui sera arrêté en Roumanie.

Jean Messiha avait lancé, en «bon seigneur», une cagnotte pour que «les Français puissent exprimer leur solidarité et leur reconnaissance pour ces héros qui ont incarné la République jusqu’au sacrifice suprême». Deux ans plus tard, les veuves n’ont toujours rien reçu, et l’une d’entre elles a décidé de porter plainte. Il est aujourd’hui soupçonné d’avoir empoché les dons. Selon le polémiste raciste, il s’agirait d’une «erreur» de la plate-forme GoFundMe : «Je n’ai jamais été bénéficiaire de cette cagnotte ni demandé à l’être, à virer les fonds sur mon compte» plaide-t-il. Selon sa version, Jean Messiha aurait mis deux ans à se rendre compte que 42.000 euros ont été versés par maladresse sur son compte bancaire, une broutille passée inapperçue… La plateforme vient d’assurer que l’argent a bien été retiré volontairement par le politicien d’extrême droite, et non «par erreur». Les maladresses et la République ont beau dos chez les fachos.

Jean Messiha aime lancer des cagnottes. C’est lui qui a permis à un policier tueur, Florian M., de devenir millionnaire après avoir exécuté Nahel Merzouk d’un tir à bout portant en 2023. Une prime à l’assassinat d’un adolescent non blanc… Au vu des révélations du jour, on peut se demander légitimement si Jean Messiha n’en a pas profité pour capter une partie des 1,6 millions d’euros de la cagnotte destinée au policier.

Ce n’est pas la première fois que l’extrême droite arnaque ses propres donateurs sur la mort de personnes venues de leur camp. Ces vautours n’ont aucune considération pour la vie humaine, pas même quand il s’agit de leur propres camarades.

Après la mort du néo-nazi Quentin Deranque à Lyon le 12 février, le collectif suprémaciste Némésis avait partagé une cagnotte présentée comme étant destinée à la famille du défunt pour payer les «frais d’obsèques». Elle avait en fait servi à organiser une procession nazie, faussement annoncée comme un hommage, qui avait eu lieu dans la capitale des Gaules le 21 février 2026.

L’argent détourné par le groupuscule d’Alice Cordier avait ainsi financé une manifestation de la fange la plus violente du fascisme européen. Dans cette marche, désavouée par la famille de Quentin Deranque elle-même, des participants avaient hurlé des phrases comme «Sale Bougnoule ! Sale race de merde !» vers des passants maghrébins, avant que d’autres les préviennent : «Ho les gars, y’a une caméra !» Des saluts hitlériens ont aussi été filmés, malgré les consignes de «sobriété» des organisateurs. Chassez le naturel, il revient au galop.

On ne compte plus les cas d’escroqueries à l’extrême droite. Le plus marquant ces dernières années étant le détournement par le Rassemblement National de 4,5 millions d’euros d’argent public, à travers 146 mois de rémunération d’assistants parlementaires européens. 46 contrats de travail sont concernés. L’enquête a révélé 368 faits de complicité individuelle, et 8 cas de recel. Jordan Bardella en personne, le président du parti, avait fabriqué un faux document et menti dans les médias pour se couvrir.

De son côté, un policier d’extrême droite, Matthieu Vallet, désormais élu RN, avait été puni par le service de déontologie de la police pour avoir dérobé les bons d’achat SNCF de ses collègues de la BAC. Bruno Attal, autre agent d’extrême droite, qui se présente partout comme un policier très actif, avait cumulé un total de 2.568 jours d’absence, en arrêt maladie ou en formation, entre 1999 et 2021, ce qui correspond à 11 ans de travail, soit environ la moitié de sa carrière. Ces gens qui se drapent de vertu et prônent l’ordre et la répression sont les plus grands menteurs et voleurs.

À l’extrême droite, l’indécence et la bouffonnerie vont de pair, même dans les circonstances les plus graves. Une bande d’escrocs nécrophages.

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