«On voit plein de patrons du CAC40» revendique un conseiller de Bardella

Le Rassemblement National, vendu comme un parti «proche du peuple», est une vaste arnaque. Sur le plan pénal d’abord, puisqu’il détourne des millions d’euros d’argent public pour ses basses œuvres. Sur le plan politique surtout : après avoir longtemps bâti sa communication sur une prétendue opposition aux élites politiques et économiques, le parti d’extrême droite poursuit son rapprochement avec le patronat français à vitesse grand V. Il n’a même plus honte d’afficher sa proximité avec la vieille aristocratie, fin de race et ultra-riche. Quelques exemples ces dernières semaines.
Le retour de la dynastie Bourbons
Les médias ont en raffolé ces dernières semaines : après plusieurs «paparazzades», c’est-à-dire l’organisation de fausses fuites dans la presse people qui étaient en réalité des photos parfaitement cadrées et préparées, la mise en scène du couple de Bardella avec la princesse de Bourbon Sicile scelle l’alliance du fascisme et de la vieille aristocratie.
Qu’importe l’héritage faussement anti-système du parti, cela signifie que si Bardella venait à être élu, ce serait le retour de la dynastie Bourbon à la tête de la France, 200 ans après la Restauration. Les élites forment décidément un petit monde à part : c’est chez les parents de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles que Jack Lang avait rencontré Jeffrey Epstein en 2012, lors d’un dîner en l’honneur de Woody Allen. La noblesse poussiéreuse qui joue les arbitres des élégances et du bon goût est liée à des cercles mafieux, pédocriminels et racistes.
Un conseiller ultra-libéral
Terrifié à l’idée de s’engager dans la course aux présidentielles sans le soutien du CAC40, le RN a récemment recruté François Durvye comme conseiller économique. L’homme est un proche de Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire néofasciste qui consacre sa fortune pour la victoire de l’extrême droite.
L’homme d’affaires Durvye est l’ancien directeur général d’Otium Capital, un fond d’investissement valorisé à 1,6 milliard d’euros en 2024, mis au service du milliardaire catholique pour «façonner un monde conforme à ses valeurs». Après 20 ans dans le privé et 4 ans à œuvrer dans l’ombre pour le RN, François Durvye aura pour rôle désigné d’accélérer les rencontres entre le parti et les patrons.
Des repas mondains avec le patronat
Dans la même veine, les rencontres officieuses entre cadres d’extrême droite et patronat français sont révolues : celles-ci sont désormais officielles. Début avril, une discussion inédite entre Marine Le Pen et une quinzaine de dirigeants de grandes entreprises, dont Bernard Arnault – ami intime du couple Macron – et Patrick Pouyanné – PDG de Total – s’est déroulée dans un restaurant gastronomique parisien.
Un conseiller de Jordan Bardella assume d’ailleurs sans gêne : «On voit plein de patrons du CAC40». Suite à cette rencontre, Marine Le Pen a annoncé renoncer à la relocalisation des entreprises françaises et a salué l’Europe libérale, à rebours de ses promesses électorales. Pour rappel, les fascistes sont toujours arrivés au pouvoir grâce au soutien de la bourgeoisie qui voyait en eux le meilleur moyen de protéger ses intérêts : Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne ou Franco en Espagne.
Après le dîner de Marine le Pen avec la fine fleur du CAC 40, c’est Jordan Bardella lui-même qui a été invité à la table du Medef. Un énième exemple du rapprochement à bas bruit entre le grand patronat et l’extrême droite.
Votes anti-pauvres
À l’Assemblée Nationale, le temps où le RN faisait mine d’être un parti d’opposition semble bien lointain. Macronistes et députés d’extrême droite continuent de dérouler un agenda néolibéral en votant ensemble des lois anti-pauvres dans l’hémicycle.
Dernier exemple le 30 mars, lorsqu’un amendement du parti de Marine Le Pen visant à instaurer «des suspensions des droits sociaux» en cas de fraude aux prestations sociales est adopté grâce aux voix de la droite et du centre. Les amendements de la gauche sur la fraude fiscale, qui représentait environ 100 milliards d’euros en 2024, ont eux été rejetés.
Le RN et les macronistes gouvernent ensemble, de fait, depuis des années. Ils votent d’une seule main les lois qui durcissent la répression, qui renforcent les mesures anti-immigration, qui généralisent les pesticides, qui pénalisent la cause palestinienne…
En 2027, la bourgeoisie qui a porté Macron au pouvoir veut désormais passer le flambeau à l’extrême droite.
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