Insolite : cinq policiers gravement intoxiqués après qu’un formateur ait balancé une grenade fumigène dans un lieu clos


Faut-il désarmer la police pour protéger les agents d’eux-mêmes ?


Une grenade fumigène FAR de la police nationale.

S’il fallait trouver une figure métaphorique pour décrire la majorité des policiers et gendarmes dans ce pays, on pourrait dessiner une huître enrubannée d’un uniforme. Le mollusque pour illustrer le quotient intellectuel, la brutalité et le racisme en plus.

En effet, cinq policiers en stage à la Compagnie d’intervention et de sécurisation de Paris ont été blessés suite à « la blague » d’un formateur peu scrupuleux. Ce 9 janvier 2026, cet officier plaisantin a dégoupillé une grenade fumigène lors d’un exercice, sans en informer ses collègues, et l’a balancée dans un lieu fermé. Résultat : des agents gravement intoxiqués «au monoxyde de carbone» explique la presse, et encore plus grave, un capitaine plongé dans le coma au pronostic vital engagé… Effectivement, les grenades fumigènes et lacrymogènes ne sont pas faites pour être utilisées dans des lieux fermés. Ces armes peuvent être un danger mortel.

Puisque les médias parlent d’une «grenade fumigène», il s’agit probablement d’une grenade dite FAR – Fumigène Action Rapide ou du modèle PLMP 7B avec allumeur FA6, en dotation dans la Police nationale. Celles-ci sont généralement utilisées à l’entraînement ou pour créer un simple écran de fumée en intervention, et sont les moins dangereuses. Mais leur combustion produit quand même un échappement de monoxyde de carbone qui est un gaz mortel s’il est inhalé à haute dose.

Concernant les grenades de type lacrymogène, les plus utilisées, celles contenant du gaz CS – l’abréviation du gaz toxique «Chlorobenzylidène» – et qui sont tirées par dizaines de milliers par les forces de l’ordre dans nos rues, elles sont bien plus toxiques et peuvent tuer dans un lieu clos ou à très forte concentration. Elles ont déjà causé la mort de plusieurs personnes par asphyxie lorsqu’elles ont été lancées dans des lieux fermés, notamment au Bahreïn pendant les printemps arabes.

À Mayotte en 2020, «un projectile de gaz tombé dans une cour où se trouvait une famille a tué un nourrisson de trois mois» rapportait la presse. En novembre 2021 à Sfax, en Tunisie, un jeune homme était mort asphyxié par des gaz lacrymogènes tirés en grand nombre. Aux USA, lors des émeutes suite à la mort de George Floyd, le décès d’une manifestante a été attribué à une trop forte concentration de gaz.

Et même à moindre dose, le CS peut provoquer des œdèmes pulmonaires et des hémorragies internes, abîmer la cornée et donc endommager la vue, provoquer des troubles menstruels voire des fausses couches. Le CS est synthétisé par le corps humain sous forme de cyanure, toxique en cas d’exposition répétée. En clair, si l’officier n’avait pas utilisé une grenade d’entraînement mais le vrai gaz tiré sur la population, tous les policiers qui se trouvaient dans la pièce seraient très probablement morts.

Cet « accident » n’est pas un cas isolé. Régulièrement, les forces de l’ordre se blessent avec leur matériel. Entre 2005 et 2010, un policier à la Compagnie départementale d’intervention de Nantes stockait dans le garage de sa compagne des grenades explosives qu’il volait illégalement dans le stock du commissariat. Le 28 mars 2015, son beau-fils 15 ans manipule une GLI-F4 qui contient une charge de TNT et la dégoupille. La main de l’adolescent est soufflée. Il sera amputé de 4 doigts. En 2020 toujours à Nantes, un fonctionnaire de la BAC s’était fracturé le pouce : une grenade de désencerclement lui avait explosé dans la main. Le 1er mai 2023 à Paris, un gendarme avait été blessé par le lancer de son propre collègue : une grenade assourdissante avait atterri au niveau de la nuque de l’agent. Elle lui avait cassé 3 vertèbres. Ce ne sont que quelques exemples, mais elles démontrent la dangerosité absolue de ces armes de guerre.

Revenons-en au formateur de police qui a eu l’idée de génie de balancer une grenade fumigène dans un lieu confiné. Au mieux, c’est un abruti, au pire cet agent ne connaît même pas l’effet de ses propres armes. Dans tous les cas, il est criminel de laisser de tels individus dans l’institution policière pour la santé de ses propres collègues, mais surtout pour la population. Il faut le mettre hors d’état de nuire.

Et si finalement, le premier danger pour les policiers eux-mêmes, ce ne serait pas leur propre armement ? Est-ce que le meilleur moyen pour les autorités de protéger ses flics ne serait pas tout simplement de la désarmer ? Et pourquoi pas directement dissoudre la police ?

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