BFM sur les USA : les grands médias français nous habituent déjà au pire

BFM enchaîne les sujets sur l'exemple trumpiste afin de nous habituer au pire.

Alors que nous assistons avec effroi à l’installation d’un régime néofasciste au sein de la première puissance mondiale, que des milices surarmées qui organisent des rafles racistes dans les rues et exécutent des opposant·es tout en bénéficiant d’un soutien total du gouvernement, les médias français sont, à nouveau, en plein naufrage. Pire, ils préparent déjà les esprits à l’implantation du même modèle en France.

Le 25 janvier, alors que les images de l’exécution sommaire d’Alex Pretti en pleine rue à Minneapolis faisaient le tour du monde, BFM titrait : «Faut-il une police de l’immigration en France ?» Et pour répondre à cette question, la chaîne invitait sur son plateau le directeur de rédaction du journal d’extrême droite Valeurs Actuelles, le député RN Laurent Jacobelli et passait à l’antenne le fasciste Eric Zemmour qui parlait d’un «succès» de cette police trumpiste. Voilà l’état du débat public en France. Des chaines aux mains de milliardaires saturent les esprits de faux débats entre intervenants ayant les mêmes idées, pour encourager l’idée qu’un régime sur le modèle trumpiste serait souhaitable ici.

Le fascisme est un choix éditorial. Cette chaine met régulièrement à l’honneur le couple Knafo/Zemmour, dont le parti Reconquête ne représente que 0,7% des voix. Elle a aussi accompagné et légitimé de toutes ses forces le génocide à Gaza dès le premier jour en invitant directement des militaires israéliens, relayant les mensonges du fascistes Netanyahou. Le média Arrêt sur image a mené un recensement complet des «journalistes et éditorialistes invités sur BFMTV pour commenter l’actualité». Ils viennent quasiment tous de titres situés très à droite. Ceux qui passent le plus à l’antenne sont issus du Figaro et de Valeurs actuelles. Ce qui permet d’organiser des soirées intégralement réactionnaires, où les «journalistes» et les «invités» sont tous néofascistes, sans aucun point de vue contradictoire.

Il y a quelques jours, après l’exécution de Renee Good par l’ICE, BFM parlait pudiquement d’une «polémique». Dans les années 1930, il ne fait aucun doute que cette chaine aurait accompagné les pires horreurs : ses bandeaux auraient probablement été «Faut-il une Gestapo en France ?» ou «les SS font polémique», et ses invités se seraient appelés Maurras, Doriot et Pétain.

Non, ce n’est pas anachronique. Dans les années 1930, la presse privée, par exemple le Figaro, ne tarissait pas d’éloges sur le régime de Mussolini. Le fascisme étant admiré pour son organisation, son ordre, son efficacité et sa «grandeur» par une grande partie de la droite française. Le fascisme n’a jamais été une option taboue pour le patronat et les conservateurs, bien au contraire.

C’est d’ailleurs pour cela qu’en 1945, une fois le fascisme terrassé, le programme du Conseil National de la Résistance a fixé pour priorité de «débarrasser la presse des puissances de l’argent», c’est-à-dire empêcher les milliardaires de posséder des grands médias, et interdire la concentration de journaux entre les mains de quelques uns. Les résistants qui avaient combattu l’extrême droite les armes à la main l’avaient compris, c’était la condition première pour éviter le retour du fascisme.

Depuis, le programme du CNR a été démoli, et les mêmes causes produisent les mêmes effets. On s’y remet quand ?

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