Manifestation contre le racisme à Nantes : succès populaire et ratonnades fascistes

Ce 3 février, la mairie socialiste offrait une grande salle municipale en plein centre ville pour permettre à un conférencier ouvertement raciste de se produire, à l’invitation du GUD et du média d’extrême droite Breizh Info. Aujourd’hui et depuis des mois, les élus locaux organisent une montée des tensions en offrant systématiquement des tribunes aux groupuscules d’extrême droite. Dans quel but ?

Vendredi au soir, face à cette provocation, des collectifs antifascistes défilent dans les rues de Nantes, pour empêcher la conférence. Le cortège part de la Place Viarme pour se diriger vers la salle Bretagne. Les racistes doivent finalement se retrouver dans une salle publique, bunkérisée par des dizaines de policiers en armures et en civil. Alors qu’au moins 500 personnes manifestent pour rappeler que Nantes est antiraciste, tout le quartier entourant la salle de conférence est quadrillé par les uniformes. Plus surprenant, la police laisse des dizaines de fascistes casqués et armés parader devant la salle municipale, au milieu du périmètre « sécurisé », à quelques mètres des lignes de CRS, alors même que les manifestants antiracistes sont traqués, chargés et arrêtés sans sommation. L’image est saisissante.

Après les premières grenades, la manifestation se tend et la colère éclate. Des vitrines de banques et des publicités volent en éclat, une barricade est enflammée. La police tire des balles en caoutchouc, puis disperse et contrôle violemment de nombreux passants. Six personnes sont arrêtées.

Si la manifestation a été écourtée par les charges policière, elle demeure un succès numérique incontestable. Cette mobilisation fait encore une fois la démonstration éclatante de l’alliance objective entre municipalité, préfecture et groupes fascisants.

Bien plus tard, le groupe de militants d’extrême droite venu de tout le grand ouest aperçu devant la salle de conférence procédera à l’attaque d’un bar ainsi qu’au passage à tabac de plusieurs passants identifiés comme des militants antifascistes. En toute impunité.

Les 25 et 26 février prochains, soyons des milliers à converger à Nantes contre le meeting du Front National !


Photos : Marin Driguez, Estelle Ruiz, Shadow News

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