Fuite en avant sécuritaire : Laurent Wauquiez veut expérimenter la reconnaissance faciale en Rhône-Alpes

Pas un jour ne passe en France sans qu’il y ait une atteinte grave contre les libertés publiques. Ici, c’est dans le Rhône-Alpes que le président de région, Laurent Wauquiez veut expérimenter la reconnaissance faciale. Ce projet ultra-sécuritaire est porté par les partisans de la droite dure. Il a été voté ce lundi 19 juillet à l’assemblée régionale.

Le programme définit les grandes orientations en terme de sécurité pour les années 2021-2028. Il prévoit de déployer dans les gares et les trains de nouvelles technologies de surveillance. Si le projet arrivait à son terme, les visages des voyageurs transitant sur les réseaux ferrés de la région Auvergne Rhône- Alpes seraient scannés en permanence par des caméras dernier cri. Une surveillance biométrique de masse et une intrusion directe dans la vie privée de milliers d’usagers.

Pour mettre à l’œuvre son programme, Laurent Wauquiez veut accorder un budget pharaonique pour son entreprise liberticide. Une enveloppe de 300 millions d’euros. D’autres mesures viendraient s’ajouter à la modernisation des dispositifs de surveillance et au déploiement de la reconnaissance faciale : augmentation des effectifs de la police ferroviaire, création d’une brigade régionale de sécurité pour venir en appui dans les lycées, boutons d’alarmes silencieux pour les commerçants…

En bref vous l’avez compris, toujours plus de police et toujours plus de surveillance. Ailleurs en France, des expérimentations de ce nouveau genre existent ou ont déjà existé. Des dispositifs de reconnaissance faciale ont déjà été testés lors du carnaval de Nice où lors de matchs de football dans l’enceinte du stade à Metz. La police aussi utilise des logiciels de reconnaissance. Plus de 400.000 fois par an via le fichier de traitement des antécédents judiciaires. Une base de données qui concerne plus de 19 millions de personnes.

Pour les jeux-olympiques de Paris 2024, le recours à ce type de technologie est en cours de discussion. Régulièrement des villes ou des régions utilisent tout un arsenal d’outils techno-policiers illégalement, hors de tout cadre juridique. Mais la question ne doit pas tant se placer sur le terrain de pratiques légalisées ou non. C’est de la défense de nos libertés fondamentales dont il s’agit. Veut-on vivre dans un monde qui ne garantit plus aucun anonymat, où des logiciels automatisés nous surveilleraient au quotidien ?

La reconnaissance faciale fait pour le moment office «d’exception», mais elle s’inscrit dans la lignée de 20 ans d’attaques contre les libertés fondamentales. Loi de renseignements, loi de sécurité globale, pass sanitaire… Sous couvert d’anti-terrorisme au nom de la sécurité, les dirigeants s’immiscent de plus en plus loin dans les interstices de nos vies, pour imposer un monde toujours plus orwellien. Une société de surveillance permanente.


Un futur dystopique et un bond en avant pour les tenants du totalitarisme numérique. Ne les laissons pas faire.


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