Coup d’État médiatique permanent

Regardez bien cette photo. Au centre, un pétainiste pluri-condamné. Autour, une horde de laquais chargés d’assurer la publicité du dit pétainiste auprès de la population. Cette image servira-t-elle aux historiens du futur pour illustrer le naufrage actuel ? En tout cas, elle décrit l’époque. C’est une photo à conserver, jusqu’au moment où l’on pourra juger les responsables du fascisme qui s’installe en France. La matrice idéologique de l’extrême droite, ce sont les médias des milliardaires. Ils ont du sang sur les mains.

Pendant que la planète brûle, que la police tue, que la jeunesse meurt à petit feu, la classe médiatique française se précipite pour organiser la campagne d’un fasciste. Nous subissons un coup d’État médiatique permanent. Cela fait des décennies que les médias intoxiquent les esprits, justifient l’injustifiable, défendent les puissants, la police. À présent, ils ne se cachent plus : c’est le fascisme qu’ils veulent amener au pouvoir.

On se trompe profondément en prétendant que ces médias sont en quête de «buzz». Non. S’ils voulaient du buzz, ils parleraient des attaques spectaculaires commises par des groupes d’extrême droite tout l’été. Ils feraient leur Une sur le projet d’attentat à la bombe radioactive d’un militant néo-nazi à Colmart. Ils évoqueraient les crimes policiers sordides. Tout cela ferait de l’audience. Passer sous silence la violence fasciste est un choix éditorial. Ne jamais évoquer, même quelques secondes, les innombrables initiatives écologistes, antiracistes, anticapitalistes, sauf pour les diaboliser, est un choix éditorial. Ces médias adhèrent idéologiquement à la pensée pétainiste ambiante. Au mieux, ils estiment que la gauche est un danger bien plus grand que le fascisme.

La population n’est sans doute pas plus raciste ni plus prête à une dictature fasciste qu’il y a 20 ou 30 ans. En revanche, les élites, la bourgeoisie, les propriétaires des médias se radicalisent. Cette bourgeoisie radicalisée a faim d’un régime plus autoritaire et raciste pour maintenir ses privilèges et éliminer toutes les catégories gênantes.

Derrière Zemmour, il y a des financiers, des énarques, des banquiers, des patrons de presse. Le poisson pourrit par la tête. La situation actuelle n’est que le fruit d’un bourrage de crane intensif, quotidien, répété sur des années. Un coup d’État médiatique permanent.

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