Tribunal cerné, chasse à l’homme et 2 jours de garde à vue pour “outrage au drapeau” !


Le musicien opposé au Pass Sanitaire est interdit de manifester et sera jugé en mars


Épisode choquant et rocambolesque à Nantes ce mardi : le tribunal encerclé par des dizaines de policiers en civil, lancés dans une chasse à l’homme pour arrêter un militant qui venait d’être jugé. Agents, véhicules, surveillance dans le tribunal, course poursuite et interpellation à l’extérieur : il ne manquait qu’un hélicoptère pour compléter le tableau. L’homme ciblé, O., est un serveur, musicien, et militant engagé dans le mouvement contre le Pass Sanitaire.

Il raconte : «J’étais jugé mardi 21 septembre pour des faits de rébellion lors de la fête de la musique. A la sortie du tribunal une trentaine de policiers ont cerné le quartier et m’ont emmené en garde à vue deux jours. Ils m’accusent d’avoir volé un drapeau à un militant d’extrême droite.» L’individu en question voulait envahir le CHU de Nantes depuis plusieurs manifestations, et tentait de donner une coloration complotiste et fasciste aux manifestations contre le pass.

Ce déploiement de force considérable autour du tribunal était donc motivé par la prise d’un drapeau. Concrètement, O. est accusé d’avoir « outragé le drapeau de la République française ». Il s’agit d’une loi portée en 2003 par le ministre de l’Intérieur de l’époque : Nicolas Sarkozy, célèbre repris de justice. Tout ça pour ça. Pourtant, aucune plainte n’avait été déposée, le parquet s’est lui-même «saisi» de ce «vol» de drapeau, et des enquêteurs ont monté l’affaire. Notamment en épluchant les images de caméras de surveillance. Combien de fonctionnaires payés pour cette opération minable d’intimidation ?

Pour O., «c’est clairement une arrestation politique. Je suis interdit de manifestations jusqu’au 15 mars prochain, date du procès. Je perds mes droits civiques de contester le pass sanitaire ou la réforme de l’assurance chômage par exemple». Il s’étonne d’une telle débauche de moyens alors «qu’une simple convocation aurait suffit. Le but c’est d’affaiblir le comité dont je fais partie qui a animé les manifestations contre le pass sanitaire cet été sur des bases antifascistes et de défense des libertés.»

Le 31 juillet dernier, un commando d’une trentaine de néo-nazis avait attaqué la manifestation nantaise contre le Pass Sanitaire, armés de matraques et d’objets métalliques. Les affrontements avaient duré plusieurs minutes d’une violence extrême, sous l’œil des forces de l’ordre qui ont laissé les néo-nazis repartir, et ont ensuite gazé ceux qui les avaient mis en fuite. Des images ont immortalisé toute la scène : on y voit distinctement plusieurs individus, notamment Wilfried van Liempd, numéro 2 du RN local, frapper la tête d’un homme inconscient au sol avec une matraque en fer. Non seulement ce néo-nazi auteur de tentative d’homicide n’a jamais été inquiété, mais il a même pu se défendre dans les colonnes de la presse locale !

Selon le musicien, ça ne fait pas l’ombre d’un doute : «clairement la police et l’extrême droite travaillent main dans la main. On peut constater que les forces de l’ordre ont mis des moyens d’identification à mon encontre alors qu’il n’y avait pas de plainte, ce qu’ils n’ont jamais fait pour des violences fascistes bien réelles, avec armes». En d’autres termes : la police et la justice «permettent à l’extrême droite de penser qu’elle va être en force samedi prochain».


Si O. ne peut plus manifester, il espère que «les personnes opposées au fascisme» vont se «joindre à la prochaine manifestation» et surtout «rejoindre le mouvement social en semaine».


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