Facebook menace de supprimer définitivement Contre Attaque


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Le patron de la multinationale Facebook l’annonçait en 2021 : les contenus politiques ne sont plus les bienvenus sur la plate-forme qui compte 2,5 milliards d’utilisateurs. Ces derniers mois, de nombreuses pages engagées ont été rendues invisibles par Facebook, voir même purement et simplement supprimées de la toile. Dans une époque où la communication est omniprésente mais totalement dépendante des grandes entreprises du numérique, ce sont quelques grands patrons qui décident de ce qui peut être lu ou pas, qui fixent des lignes éditoriales et les idées qui ont le droit de circuler. En 2021, Marc Zuckerberg justifiait sa décision par le but de «décourager les conversations clivantes». Les petites blagues, les chatons et les vidéos commerciales d’accord, les articles politiques, non.

Baisse massive de notre audience

Nous y sommes. Contre Attaque compte 240.000 abonné-es sur Facebook. Une audience importante, touchée et agrandie par 10 années d’articles quotidiens, de reportages, de photos et de créations, en relayant les récits des mobilisations sociales, écologistes, Gilets Jaunes ou étudiantes notamment. Nous nous sommes imposés comme un média indépendant à part entière, un véritable contre-pouvoir. Depuis l’automne 2022 notre audience, qui avait déjà connu une très forte baisse, s’est littéralement effondrée. Notre page est devenue quasiment invisible. Alors que nos articles étaient «likés» plusieurs milliers de fois la plupart du temps, et que chaque publication touchait des dizaines de milliers de personnes, ils cumulent désormais à peine quelques dizaines de likes. Notre audience a été divisée par dix. Nos articles ne sont vu que par une infime minorité des personnes parmi celles abonnées à notre page : l’écrasante majorité de nos lecteurs et lectrices habituelles ne voit jamais nos publications dans son fil d’actualité. L’algorithme nous invisibilise. Facebook représentait jusqu’en septembre 2022 le plus gros de notre audience. Ce n’est clairement plus le cas.

Menace de suppression

Les images de répression que nous diffusons sont régulièrement censurées par la plate-forme, ou «masquées». Facebook nous signale que ce type de contenu n’est pas «interdit» mais qu’il peut «choquer» par sa «violence» et qu’il faut donc le dissimuler au public. Une façon d’aseptiser le réseau et d’empêcher la dénonciation des violences d’État. Ce ne sont pourtant pas nos contenus qui sont violents, mais les comportements que nous dénonçons.

Nous avons reçu des menaces bien plus graves depuis novembre. Dans un article à propos d’une manifestation, nous avons publié, parmi d’autres photos, un tag sur un mur : «brûlons les riches». Facebook nous accuse alors «d’incitation à la haine». Il est donc interdit de diffuser les expressions vues dans l’espace public. En décembre, nous avions relayé l’image d’une parodie du jeu «Antifa», qui avait été retiré des rayons par la FNAC. À l’époque, le dessinateur Antoine Marchalot avait fait un détournement grinçant et drôle, avec un faux jeu d’extrême droite, «FAF le jeu», se moquant des fascistes. Cette parodie comportait l’inscription : «Achète des chaînes de télé avec l’argent des colonies», «lacère des tentes de migrants». Facebook a immédiatement retiré le dessin, et nous accuse de «discours haineux».

À présent, la page est classée «rouge», «à risque», et un bandeau nous annonce qu’elle pourrait être supprimée définitivement à la moindre «infraction», selon les critères de Facebook. Elle pourrait donc disparaître d’un jour à l’autre, à la veille d’une mobilisation sociale qui aura bien besoin de la couverture de médias indépendants.

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