Calais : la mairie installe des rochers contre les réfugié-es


Mercredi 1er mars, des centaines de blocs de pierres ont été déposés dans le centre ville de Calais, sur un terrain public près de l’Hôtel de Ville, sur un quai.


Des blocs de pierre le long des quais de Calais.

Il ne s’agit pas d’une installation d’art moderne ratée mais du racisme d’État matérialisé sous une forme minérale. Ces rochers déposés par les services de la mairie doivent empêcher les réfugié-es d’installer leurs tentes. L’association Calais Food Collective a assisté en direct au dépôt de ces rochers le long du canal et signalent que c’est dans la zone qui entoure le point de distribution d’eau du centre-ville. Il s’agit donc, en plus, de priver d’accès à l’eau potable les réfugié-es à la rue.

Cette pratique n’est malheureusement ni nouvelle ni rare. En septembre 2022, la mairie de Calais avait déjà dépoté des centaines de blocs de roche sur les quais. Ces tonnes de pierres avaient été justifiées par la maire, Natacha Bouchart – ancienne des Républicains aujourd’hui ralliée à Emmanuel Macron : «Si on ne veut pas de campements gênants en centre-ville, je me dois d’agir». Coût de l’opération ? 45.000€ ! De l’argent bien utilisé, plutôt que de venir en aide aux personnes qui en ont besoin. En juin 2022, la mairie avait aussi installé des grillages sous les ponts de la ville pour chasser les personnes exilées.

La pratique a aussi été utilisée par la mairie de Nantes, aux mains du Parti Socialiste. En octobre 2018, un square où s’étaient installés des exilé-es précédemment expulsé-es avait été évacué par la police. Dans la foulée, les services de la mairie avaient dévasté le square Daviais en déversant des tonnes de gravats et des blocs de pierre pour éviter une réoccupation.

Ailleurs, on retrouve ces pratiques d’urbanisme répressif visant à chasser les pauvres, les étrangers, les indésirables. Pointes ou barres en fer devant certaines vitrines pour éloigner les SDF, bancs coupés en deux, rendus volontairement hostiles, harcèlement de personnes qui vivent à la rue… La violence et l’inhumanité des riches s’incarne directement dans l’espace public.

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