Sainte-Soline : ils veulent nous tuer


Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ. Il l’a prouvé une fois de plus ce samedi 25 mars à Sainte-Soline.


Des véhicules de guerre pour défendre un trou dans la terre

D’un côté, il y a la vie. Des dizaines de milliers de personnes venues de toute la France et au-delà, de toutes les générations, de différentes sensibilités, unies pour défendre un bien commun vital : l’eau. De l’autre, il y a la mort. Une agriculture industrielle gavée de pesticides. Des bassins artificiels qui privatisent une ressource qui disparaît. Des blindés. Des milliers de militaires. Des grenades explosives.

Ce samedi, nous avons vu trois cortèges, pluriels et intergénérationnels, 30.000 personnes de tous les âges déambuler dans les champs et les sentiers, avant d’être accueillies à coups de grenades explosives. La gendarmerie avait organisé un champ de tir : 3200 hommes armés, autour d’une bassine transformée en forteresse. Des tirs ininterrompus de milliers de munitions sur une foule, éparpillée sur de vastes espaces plats, de la part gendarmes faisant feu depuis une position surélevée. Un carnage.

Nous avons senti les blastes terrifiants des grenades GM2L. Des armes de guerre remplies de C4. Une fois, deux fois, puis des centaines de fois nous avons sursauté, en voyant les explosions provoquer des cratères dans les champs, exploser au-dessus de nos têtes ou dans les corps de nos ami-es.

Nous avons vu un champ de blé transformé en zone de guerre, comme une bataille napoléonienne meurtrière, ou des vagues de personnes tombent sous les tirs au milieu de champs. Sauf qu’ici, un seul camp était armé.

Nous avons vu les blindés du pouvoir envoyer à pleine puissance, en tir tendu, des grenades vers la foule.

Nous avons vu des militaires sur des quads, rouler à pleine vitesse en tirant des lacrymogènes et des balles en caoutchouc depuis leurs engins en mouvement.

Nous avons vu un homme avec un drapeau jaune de la confédération paysanne poursuivi le long d’une route par des gendarmes, qui se sont repliés en tirant.

Nous avons vu quelques véhicules nuisibles partir en fumée, et quelques brèches dans un dispositif militarisé. Nous avons vu le courage incroyable et beau des manifestant-es.

Nous avons vu un blessé grave qui n’a pas pu être pris en charge pendant plus de 30 minutes car les forces de l’ordre empêchaient le SAMU de passer.

Nous avons vu des corps lacérés, des corps inanimés, des personnes en sang ou traumatisées. Ce soir, Le Monde parle de «200 manifestants blessés dont 10 hospitalises et un dans le coma avec pronostic vital engagé et deux personnes dont le pronostic fonctionnel est engagé». Une personne est éborgnée, d’autres sont touchées aux yeux et au visage. Le bilan est malheureusement encore provisoire.

Nous avons vu un pouvoir en chute libre, autoritaire et isolé, qui tente de tuer celles et ceux qui défendent l’eau, leurs retraites, leur vie. Celles et ceux qui résistent.

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