Le laxisme de la justice ?

À Saint-Brévin, un groupuscule d’extrême droite opposé à un centre d’accueil pour les réfugiés sème la terreur depuis des mois. Menaces de mort contre les élus, tracts racistes dans les écoles, organisation de manifestations néo-nazies violentes et incendie de la maison du maire en pleine nuit.

Suite à cette mise à feu criminelle, le maire avait démissionné, provoquant un écho médiatique national. Mercredi 21 juin, deux militants de ce groupuscule ont été arrêtés. Ils s’étaient vantés d’avoir brûlé la maison du maire explique Ouest-France. Pourtant, quelques heures plus tard, soit le jour même, le procureur de Nantes les libérait, expliquant que les investigations se poursuivaient.

Une prudence judiciaire qui ne bénéficie pas aux mouvements sociaux.

Rappelons que c’est le même procureur de Nantes qui n’hésite pas à reconduire pour 48 ou 72 heures en cellule des personnes arrêtées en manifestation, à les déférer systématiquement en comparution immédiate, à requérir de la prison ferme sur la base de PV mensongers de policiers.

On se souvient de gardes à vue plus longues ces dernières semaines uniquement pour avoir amené une banderole en manifestation. Ou, plus récemment, pour avoir été simplement présent lors d’une marche antifasciste, immédiatement empêchée par la police, samedi 17 juin. Des enfermements qui durent parfois deux jours voire plus, sans suite, purement punitifs. On se souvient de peines extrêmement lourdes de prison ferme réclamées contre des manifestant-es jugé-es en urgence, sans la moindre preuve autre que la parole de policiers.

Le procureur de Nantes Renaud Gaudeul, en poste depuis 2021, avait exercé en Martinique après avoir été avocat en droit international des affaires à Chicago.

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