Autoroute A69 : symbole d’un monde obsolète


Il y a 30 ans, alors que les luttes contre le dérèglement climatique émergeaient à peine dans le débat public, les autorités imaginaient le projet d’autoroute A69. Aujourd’hui l’idée semble totalement périmée, hors du temps, anachronique. Des militant-es entameront demain lundi une grève de la soif, après plusieurs semaines de grève de la faim et d’occupation d’arbres. Un week-end de lutte débutera le 21 octobre.


L’inutilité du projet A69

En parallèle du projet d’autoroute, on retrouve la nationale 126, une voie reliant Toulouse à castres et qui est rarement saturée, si ce n’est quelques embouteillages à l’entrée des villes aux heures de pointe. Comme sur toutes les agglomérations, et comme le serait l’A69 si elle était construite. Cette nouvelle autoroute, il faut l’imaginer identique à la nationale 126, mais offrant un gain de temps de 20 minutes sur un trajet de 1h30 grâce à une vitesse maximale de 130 km/h.

En échange de ces précieuses minutes, chaque automobiliste devra payer 17€ aller-retour : l’un des tronçons autoroutiers les plus chers de France, construits par et pour les plus riches. Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie, défend bec et ongles le projet en bonne baronne du Parti Socialiste. Seule une minorité de personnes fortunées et adeptes de la «bagnole» chère à Macron pourront se permettre de l’emprunter. Le coût social de l’A69 sera encore plus important : le tracé, parallèle à la N126, détruira un écosystème qui était encore aujourd’hui intact. Basé sur une idéologie mortifère, nous sommes face à un projet destructeur et antisocial typique des GPII : les Grands Projets Inutiles et Imposés comme l’étaient la centrale Superphénix ou l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Les engagements de l’État

L’État français, condamné à plusieurs reprises pour inaction climatique, continue dans sa fuite en avant. Ce sont près de 23 millions d’euros d’argent public qui ont été investis dans ce projet d’autoroute, alors que les engagements à préserver l’environnement ne sont pas respectés. La France signe ainsi pour un nouveau projet climaticide. Dénoncé par un des co-auteur du rapport du GIEC, Christophe Cassou, ce projet A69 «coche toutes les cases d’un monde obsolète».

L’État reste ainsi soumis à une logique de croissance économique, il s’empare ainsi de toutes les opportunités qui traîne pour la gonfler, en puisant dans les ressources économiquement «inutiles». Choisir le profit plutôt que la sécurité écologique, c’est choisir la mise en danger de l’humanité pour servir des intérêts financiers privés et maintenir ce projet alors que personne n’en veut. Ce gouvernement d’assassins doit tomber.

Désastre de la biodiversité et des entourages

Alors que les sécheresses se répètent et s’intensifient partout en France, que nos émissions de C02 doivent impérativement diminuer, les priorités publiques sont actuellement de maintenir leur domination économique.
Écologiquement parlant, ce projet d’autoroute est une absurdité totale : plus de 400 hectares de terres sont en train d’être détruits, des forêts aux arbres centenaires sont rasées, des zones humides verront leurs eaux polluées. C’est cela, l’artificialisation des terres : un écosystème entier, sur une bande de 60 km de long, détruit pour un projet hors du temps. Face au désastre, nous préférons un environnement respirable, des terres cultivables, le développement des espèces animales et la protection de nos écosystèmes.

Faire plier les autorités

Depuis plus d’un mois, des défenseurs et défenseuses de la nature sont en grève de la faim et entameront dès lundi une grève de la soif. Malgré des avis contraires au projet de la part des scientifiques et la mobilisation de nombreux collectifs écologistes, à ce jour Carole Delga et le gouvernement assurent qu’aucune pause ou forme de médiation ne sera autorisée. Pour le média Reporterre «le chantier doit continuer, le bitume doit couler, les arbres tomber sans délai et sans attendre l’examen sur le fond des recours juridiques qui contestent le projet». Les drogués du béton sont hors de contrôle, ils n’entendront pas raison à travers le dialogue.

Si la poursuite des travaux de l’A69 a été actée, alors notre réponse doit être une mobilisation massive, populaire et unitaire face à ceux qui mettent en danger notre avenir commun. Il faut intensifier notre présence, affirmer notre force, et faire plier les autorités.

Le 21 et 22 octobre, aura lieu un week-end de mobilisation festive et déterminée, «Ramdam sur le macadam». Des réunions d’information et des covoiturages s’organisent dans toute la France, pour ne rater aucune info suivez ce fil Telegram.

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8 réflexions au sujet de « Autoroute A69 : symbole d’un monde obsolète »

  1. Le ciel, les océans, les chemins de fer et les routes sont les veines des 100 000 multinationales qui se chargent d’habiller, nourrir, surveiller, exploiter. fournir le gaz et le perole et détruire l’humanité et le monde du vivant en générale. Elles portent dans leur sang la destructrice industrie pétro-gaziere . Les multinationales vont jusqu’à fabriquer et transporter des armes pour militariser l’ensemble des États, où des chefs militaires comme Biden, Poutine et Macron sont là pour défendre la mafia l’économique mondiale du petro dollars. Les multinationales font monter et généralisent un courant politique d’extrême droite à travers les États pour accroître et protéger leurs activités sociallo terroristes et ecoterroristes. Les multinationales détruisent le monde et sont la sources des guerres et du réchauffement climatique. Elles mettent le feu à la planète pour remplir les coffres forts qu’elles iront placer l’abri du commun dans des paradis fiscaux. Les 100000 multinationales forment l’économie mondiale mafieuse dominante du petro-dollars et la monter d’ une politique d’extrême droite à l’échelle planétaire.

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