«J’étouffe» : il y a 4 ans, la mort de Cédric Chouviat


Impunité totale pour les policiers qui ont asphyxié le père de famille


Le 3 janvier 2020, il y a 4 ans jour pour jour, Cédric Chouviat mourait étouffé sous le poids de policiers. Menotté et plaqué au sol par quatre agents, le père de famille avait crié à sept reprises «j’étouffe» avant de mourir d’une asphyxie avec une fracture du larynx.

Les policiers ont maintenu leur poids pendant plus de 5 minutes sur la tête et la gorge du livreur de 42 ans, alors qu’il était menotté au sol. Son agonie avait été captée en vidéo : Cédric, tué pour un contrôle routier, et quatre enfants rendus orphelins.

Un an plus tard, dans un courrier adressé à la famille de Cédric Chouviat, le ministre de l’intérieur refusait la suspension des agents par ces mots : «Les premiers éléments de l’enquête n’ont pu permettre d’établir que les fonctionnaires avaient commis un manquement à leurs obligations tel qu’il soit susceptible de justifier d’une mise à l’écart de leur service».

Pour le Ministre de l’Intérieur, le décès d’un homme à la suite d’un contrôle routier ne justifie pas de suspension. Un mépris qui rappelle les propos de Gérald Darmanin, le 28 juillet 2020 à l’Assemblée Nationale, qui avait déclaré : «Quand j’entends le mot de violences policières, personnellement je m’étouffe».

Ce 3 janvier 2024, Sofia Chouviat, la fille du défunt qui se bat avec sa famille pour réclamer justice écrit : «4 ans où nous n’avons toujours aucune condamnation, aucune justice et pas même la suspension de ces 4 meurtriers qui sont toujours en liberté pendant que notre famille est détruite. 4 ans que nous vivons avec nos souvenirs et, surtout, que nous revivons en boucle ces images… ces sons d’humiliations, d’étranglement, d’étouffement puis d’agonie. Cette agonie qui s’est soldée par le silence définitif de mon défunt père et par le silence complice de nos ministres et dirigeants qui se complaisent dans une inaction totale».


Cédric, Nahel, Adama, Wissam, Steve… quelques noms d’une trop longue liste de vies volées par une police toute puissante. Autant de morts qui hantent l’histoire de cette République fascisante.


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