Jeux Olympiques : 1900 euros de prime pour les policiers


Rien n’est prêt pour les Jeux, mais le gouvernement débloque des sommes astronomiques pour la répression


Ce sont les négociations les plus rapides jamais vues. Alors que 3 millions de grévistes et plusieurs mois de mobilisation pour les retraites ont été traitées avec mépris par le gouvernement l’an dernier, il a suffit de deux manifestations de policiers pour que le gouvernement fasse couler l’argent à flots.

Ces dernières semaines, les policiers demandaient des mesures spéciales dans le cadre des Jeux Olympiques. Autrement dit, des cadeaux supplémentaires pour faire leur travail. C’est comme si les professeurs exigeaient des bonus pour donner cours aux classes chiantes, ou si les éboueurs demandaient à être mieux payés pour les poubelles plus sales.

Ce mardi 30 janvier, Darmanin s’est déplacé personnellement pour cirer les bottes des policiers, devant les syndicats du secteur. Il a annoncé des mesures dont aucune profession en France n’ose rêver. Tous les policiers travaillant durant les Jeux Olympiques, donc durant seulement deux semaines fin juillet et début août, bénéficieront d’une prime de 1000 euros. Tous ? Oui. Ceux qui seront «affectés dans un département qui accueille une épreuve olympique» toucheront même 1600 euros ! Cela veut dire que les 1000 balles concernent les policiers hors zone de Jeux Olympiques.

Et tenez vous bien, les policiers et gendarmes mobilisés en Île-de-France auront quant à eux 1900 euros de bonus. L’équivalent d’un salaire en plus de leur salaire, pour deux semaines de taff. Mais tenez-vous bien, ce n’est pas tout, les policiers envoyés «hors de leur département de résidence» auront en supplément «50 euros par nuit», et toucheront un «doublement du chèque emploi service universel» pour aider à la garde de leur enfant, à hauteur de 200 euros par rejeton. Mesure inexistante pour le reste des fonctionnaires. Combien va coûter tout ça ? Plusieurs dizaines de millions d’euros minimum.

En 2022, Darmanin débloquait déjà 800 millions d’euros uniquement pour augmenter les salaires des policiers. Et avant cela, en 2018, le salaire d’un CRS en tout début de carrière était de 1800 euros net, et jusqu’à 4000 euros pour un gradé. À l’époque, rien qu’avec les primes de déplacement – 190 euros juste pour un week-end, par exemple pour aller à Nantes réprimer une manif un samedi – un CRS débutant empochait jusqu’à 3000 euros par mois. On pouvait y ajouter une «prime de risque» qui augmente le salaire de 10 à 30% selon les grades, une prime annuelle de 1740 euros «compensatoire pour Sujétions Spécifiques» et 988 euros pour «fidélisation en secteur difficile». Et des augmentations annuelles. Ou encore des «indemnités» qui complètent les salaires des commissaires : jusqu’à 3000 euros par mois en plus. Le “manque de moyen dans la police” est l’une des plus grandes escroqueries médiatiques du siècle.

En clair, cet été, le dernier des flics touchera un salaire de cadre supérieur pour aller cogner lors des Jeux Olympiques. Pendant que les soignants et les prof sont payés à peine au dessus du SMIC. Il y a, derrière ces cadeaux outranciers, non seulement une soumission absolue aux syndicats de policiers mais aussi une volonté d’humilier les autres corps de la fonction publique. De leur dire à quel point ils sont méprisables et dociles.

On rappelle que la police a déjà obtenu diverses primes après les Gilets Jaunes, mais aussi les déplacements en train gratuits ou encore de ne pas être concernée par la réforme des retraites. Les policiers disposent aussi d’un arsenal flambant neuf, de nouvelles voitures, de protections juridiques en béton… Oui, la police française est un corps à part, au-dessus des lois, protégé, gavé.

En revanche, ces Jeux Olympiques auront lieu dans une immense violence sociale. Les SDF et les exilés sont chassés de Paris pour “nettoyer” la capitale avant la compétition. Des milliers de logements étudiants sont réquisitionnés. Des athlètes se plaignent de ne pas avoir les moyens suffisants pour s’entraîner. Les bénévoles qui aideront à l’organisation des Jeux devront «se débrouiller pour se loger» à Paris, a déclaré le Ministère des sports. Les transports parisiens sont défaillants, les hôpitaux dans le rouge… Rien n’est prêt pour les JO, sauf la répression.


Nous sommes bien au pays des Droits de la Police. Le «rayonnement international» s’annonce splendide.


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