La France, deuxième vendeur d’armes au monde


Massacres made in France et escalade guerrière mondiale


Un avion Rafale, une arme de pointe prisée à l'étranger et fabriqué en France

Sur le podium de la honte : la France est devenue le deuxième fournisseur d’armes au monde après les Etats-Unis, devant la Russie et la Chine pour la période 2019-2023, écrit le Sipri – l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm – dans un rapport lundi 11 mars.

Les exportations d’armes françaises ont augmenté de 47% par rapport à la période 2014-2018 et représentent désormais 11% des ventes d’armes dans le monde. Schématiquement, un obus sur 10 qui tue quelqu’un dans le monde est made un France : cocorico ! Le complexe militaro-industriel français profite de la montée des tensions géopolitiques, les importations d’armes en Europe ont d’ailleurs quasiment doublé ces cinq dernières années. «La France profite de l’opportunité d’une forte demande mondiale pour stimuler son industrie de l’armement par le biais des exportations» explique le Sipri.

Avec 27 milliards d’euros de ventes d’armes en 2022, la France battait déjà un record. Ce montant pharaonique était dû, notamment, à la vente de 80 avions de guerre à la monarchie religieuse des Émirats Arabes Unis. Ce pays du golfe est l’un des premiers producteurs de pétrole au monde. Son dirigeant, Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, enferme les journalistes indépendants et a transformé l’État en Régime policier, avec une cybersurveillance généralisée et un quadrillage des villes par les caméras.

Il était invité l’été dernier à l’Élysée par Macron, qui lui proposait d’importer du diesel ainsi qu’une loi pour relancer le charbon. On imagine qu’en échange, la vente de quelques Rafales a été négociée. L’Inde, dirigée par l’extrême droite du Premier Ministre Modi, grand copain de Macron, représente quant à elle 30% des ventes d’armes françaises.

L’Hexagone a toujours figuré, depuis les années 1950, parmi les cinq premiers vendeurs mondiaux d’armes. Les ministres des armées sont devenus les VRP des grands marchands d’armes. Ils sillonnent le monde en avion pour aller vanter les mérites des bombes françaises et se montrent dans les médias lorsqu’ils reviennent d’une dictature quelconque avec de gros chèques entre les mains.

Les exportations d’armes par la France, déjà parmi les plus importantes au monde, avaient commencé à bondir en 2018. Les principaux pays destinataires cette année-là : le Qatar, la Belgique et l’Arabie saoudite. La France vend aussi des armes au Yemen, où le régime massacre la population civile, causant l’une des plus grandes crises humanitaires de la planète. La France vend aussi des armes à Israël, qui commet actuellement un génocide à Gaza, et échange surtout des technologies militaires avec l’État colonial.

Le Ministre des armées Sébastien Lecornu se félicitait l’année dernière des ventes «de missiles, frégates, sous-marins, artillerie, hélicoptères, radars, satellites d’observation»… Pour le plus grand bénéfice des industriels de l’armement : Dassault, Thalès EADS ou jadis Lagardère. Qui pour certains investissent leurs profits en achetant des médias.

Cette orgie d’armes a lieu dans un contexte de montée en guerre, d’impérialisme agressif et de militarisation. Macron annonçait l’été dernier la construction d’un nouvel hôpital militaire à Marseille pour «préparer la France à une éventuelle guerre de haute intensité […] pour pouvoir accueillir plus de militaires qui seraient touchés par des blessures très graves». Une inquiétante façon de préparer les esprits. En janvier 2023, le gouvernement débloquait 413 milliards d’euros pour l’armée. En parallèle, le Service National Universel, un grand programme coûtant des milliards d’euros, est lancé pour embrigader les lycéen-nes dans l’idéologie militariste et nationaliste dès le plus jeune âge. Macron envoie aussi des milliards d’euros de matériel militaire en Ukraine, et parle maintenant d’envoyer des troupes françaises directement face à l’armée russe, avec le risque de provoquer une troisième guerre mondiale, qui sera thermonucléaire.

Toujours plus d’argent pour la guerre, toujours moins pour les besoins vitaux des populations. Les pauvres n’ont rien à gagner dans les conflits militaires des puissants et tout à attendre d’une paix mondiale entre les peuples, de l’abolition des États et des inégalités sociales.


La construction d’un grand front contre les guerres et le militarisme est vital


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