Il y a deux ans : Federico Aramburù assassiné par l’extrême droite en plein Paris

C’était il y a deux ans à Paris. Dans les derniers jours de la campagne présidentielle, le 19 mars 2022, deux néo-nazis agressaient un homme, non-blanc, qui leur demandait une cigarette. Les injures racistes avaient fusé, et un rugbyman argentin célèbre, à la carrière internationale, s’était interposé : Federico Martín Aramburú. Avec son ami, ils étaient roués de coups par les néo-nazis. Le plus violent, Loïk Le Priol, ancien du GUD – groupuscule violent d’inspiration fasciste, exhibait un brassard de police.

L’altercation ne s’arrête pas là. Les néo-nazis reviennent, armés, dans une jeep. Loïk Le Priol abat de plusieurs balles dans le dos Federico Martín Aramburú. Le père de famille meurt peu après. Assassiné par balle, en plein Paris, pour avoir réagi à une agression raciste. Ces faits, à eux seuls, auraient dû provoquer un séisme politique avant l’élection. Il n’en est rien. Les médias, qui se précipitent sur le moindre fait divers, ont été d’une discrétion sidérante. Il ne fallait surtout pas gâcher la fin de campagne de Marine Le Pen ou, pire, risquer une présence de la gauche au second tour.

Le Ministre de l’Intérieur, qui publie plusieurs tweets par jour, n’avait pas eu un mot pour la victime. Ce meurtre est pourtant une affaire d’État. Plusieurs jours plus tard, le tueur était arrêté, non pas par la police française, mais à la frontière ukrainienne où il s’apprêtait à rejoindre le front. Chez son complice, les enquêteurs ont retrouvé un buste d’Hitler et plusieurs armes. De quelles complicités ont-t-il bénéficié ? Comment le tireur a pu parcourir ces milliers de kilomètres après avoir exécuté un homme au cœur de Paris ?

Le tueur, Loïk Le Priol, avait déjà été condamné pour des actes de torture et de barbarie sur un de ses camarades fascistes, et était donc en principe interdit de séjourner à Paris. Il avait aussi fait l’armée et avait étranglé, sans la tuer, une femme à Djibouti, alors qu’il était soldat. Le Priol se vantait d’avoir «buté plus d’un mec».

Au «domicile de Loïk Le Priol, des effets siglés Police, entre autres, ont été retrouvés». Encore plus fou : un policier de la DRPJ, la direction régionale de la police judiciaire, avait passé une partie de la soirée avec Le Priol et Bouvier, avant l’altercation puis les coups de feu. Chez son copain, les enquêteurs saisissent une dizaine d’armes à feu de différents calibres, un gilet pare-balles siglé Police, mais aussi un exemplaire, en allemand, du livre Mein Kampf et une statuette de son auteur, Adolf Hitler.

Les complicités entre police et criminels d’extrême droite sont encore une fois avérées. Oui, c’est une affaire d’État.

Deux néo-nazis ultra-violents, poursuivis pour des actes criminels, se promènent armés à Paris – alors qu’ils sont sous contrôle judiciaire et interdits d’aller dans la capitale –, ils passent la soirée avec un gradé de la police, avant d’assassiner un homme par balles. Relisez cette phrase. Mesurez-en la gravité. Et interrogez-vous sur le fait que la totalité des médias nationaux ont organisé une omerta sur cette affaire.

C’était il y a deux ans. Et la famille de Federico Martín Aramburú, en deuil, attend le procès des tueurs, alors que les fascistes ont chaque jour toujours plus d’influence en France, dans les médias, dans la classe politique et dans la rue.

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