Allemagne : un cortège tente de prendre d’assaut une usine Tesla


Un bloc anticapitaliste, des casquettes bleues en guise de signe de reconnaissance, une progression rapide pour briser les lignes de police : c’était vendredi 10 mai en Allemagne, autour d’une usine géante de Tesla, près de Berlin.


La manifestation réunie à l’appel de «Disrupt Tesla» a réuni des centaines de manifestants qui ont tenté de prendre d’assaut la «gigafactory» d’Elon Musk. Il s’agit de la seule de ce type en Europe qui produit des dizaines de milliers de véhicules électriques par an et s’étend sur plus de 300 hectares.

Des manifestants ont endommagé des véhicules Tesla sur un site de stockage près de l’usine à l’aide de peinture et d’engins pyrotechniques, selon la police allemande.

Cette usine, inaugurée en 2022, avait provoqué l’hostilité des groupes écologistes et des riverains avant même son ouverture. À présent, Tesla compte agrandir ce site pour doubler la capacité de production, passant de 250.000 voitures électriques par an à un objectif de 500.000 unités. Lors d’un vote consultatif en février, les habitants de la commune concernée ont largement voté contre cette extension. Des écologistes occupent désormais le bois menacé par ce projet d’agrandissement de l’usine.

Chaque voiture Tesla coûte plus de 40.000 euros, il s’agit de monstres d’acier réservés aux riches, bourrés de technologies de surveillance, filmant leur environnement en temps réel, et très coûteux en métaux rares. Le dernier «monster truck», invention hideuse produite par la firme, est un véritable tank blindé aux formes géométriques, mesurant près de 6 mètres et pesant plus de 4 tonnes. Il nécessite un permis poids lourd et constitue un danger pour les passants et les cyclistes. Gigantisme, luxe, technologies inutiles : les véhicules Tesla, symboles du capitalisme contemporain, ont été plusieurs fois pris pour cible lors des mobilisations sociales en France.

Avant l’action du 10 mai, un camp a été installé près de l’usine dès mercredi. Elon Musk s’est lamenté sur twitter : «Pourquoi la police laisse-t-elle les manifestants de gauche s’en tirer si facilement ?» Comme tous les ultra-libéraux, ce milliardaire veut détruire l’État social mais quémande l’aide de l’État répressif pour garantir ses intérêts.

Le 5 mars dernier, l’incendie d’un pylône électrique près de l’usine avait coupé le courant et provoqué l’arrêt de la production pour plusieurs jours. «Vulkan Gruppe», un mystérieux groupe à l’origine du black-out expliquait que Tesla «mange de la terre, des ressources, des hommes, de la main-d’œuvre» et accusait l’usine de «polluer la nappe phréatique et [de] consommer pour ses produits d’énormes quantités d’une ressource en eau potable déjà rare». Vulkan Gruppe avait déjà revendiqué un incendie criminel sur un chantier de Tesla en 2021.

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