Retour sur la manifestation antiraciste du samedi 5 septembre à Nantes


Du monde dans la rue, des fachos repoussés


Il y avait foule ce week-end dans le rassemblement spontané en solidarité avec les réfugiés : plus de 1200 personnes se sont réunies Place Royale. Nantes est antiraciste.

En revanche, l’électrochoc émotionnel provoqué par la photo du petit Aylan ne doit pas faire oublier que ce sont les gouvernements européens qui ont le sang des réfugiés sur les mains. Dans le rassemblement nantais, hétérogène et populaire, certains membres du PS – parti responsable des expulsions et du harcèlement des réfugiés – ont pu venir se donner bonne conscience.

La colère de ce 5 septembre appelle d’autres actions concrètes : solidarité effective avec les migrants, mises à l’abri, protection contre la police, attaque des partis responsables du racisme d’État …

Un groupuscule de néo-nazis a eu l’obscénité de venir provoquer le rassemblement avec une banderole hostile à l’immigration et un fumigène. Après avoir pris une gifle, ces bouffons racistes ont été raccompagnés avec compassion par quelques dizaines d’antifascistes et de militants kurdes vers le haut de la rue Crébillon, jusqu’à ce que les flics ne viennent les protéger gazeuse en main. Cette fois ci, l’extrême droite a eu affaire a des gens patients …

À noter que c’est un manifestant – et élu local – de couleur, qui, en s’interposant, a empêché les fachos de prendre plus de coup.


Deux témoignages de manifestants à propos de l’altercation :

« Il est 17h10 quand j’arrive au rassemblement, au moins mille personnes sont déjà présentes, dont un certains nombres de camarades. […]

Vers 17h15, j’entends des slogans (que je ne décrypte pas) qui commence à être lancé Rue Crébillon. Je me retourne, et aperçois une dizaine de personnes, fumigènes à la main, autour d’une longue banderole blanche en tissu dégueulasse sur laquelle il est inscrit “2 Millions de migrants : Insupportable”. Le message est clair.

Je scrute leurs visages (un seul d’entre eux l’avait masqué), […] crâne rasé pour certains, pas de signe politique distinctifs si ce n’est les horreurs qu’ils vociféraient, deux d’entre eux ont l’air plus jeunes (16-18ans).

Royalistes ? Identitaires ? Frondeurs ? Aucune idée. Mais ce que je sais, c’est que je ne compte pas les laisser parasiter un rassemblement en faveur de nos frères aux frontières.

La foule commence à les incendier de noms d’oiseaux “fascistes !” “cassez-vous !” peut-on entendre. Un groupe d’une quarantaine de personnes se détache et va leur faire face, comptant bien les dégager de la zone.

Les fachos replient leur banderole et se mettent en position de combat, à partir de ce moment, plus aucune discussion n’est possible.

Six antifascistes les chargent de front, des coups de poings sont échangés, c’est la mêlée ! Sur la gauche, un camarade se fait déborder par deux fascistes, j’en profite pour l’aider.

La scène a duré une vingtaine de seconde, un fasciste a les pommettes et l’arcade ouvertes, un autre se tient la tête, ils reculent.

Un cri sauvage est lancé par la foule, “ALERTA ANTIFASCISTA !” “PAS DE FASCISTES DANS NOS QUARTIERS !”

Des déchets sont jetés sur eux, la foule fait front commun et fait reculer les fascistes jusqu’en haut de la rue, la peur et la panique se lisent dans leurs yeux Hé oui les gars, on veut pas de vous. Étrangement, une des seules personnes à s’être opposé à la bagarre est un manifestant – et élu local – de couleur, présent au rassemblement, admirable je trouve.

Les flics, qui pour le moment étaient aux abonnés absents, s’interposent entre nous et eux, gazeuse à la main.

[…]

Enfin bref, ce soir là deux messages sont passés : Les réfugiés sont les bienvenu-e-s à Nantes, mais les fascistes : Non.

Solidarité entre les peuples !


« Être entouré d’élus et militants socialistes qui expulsent tranquillement les squats de migrants tout au long de l’année et qui, au moment opportun, clament leur humanisme c’est assez irritant.

[…] seuls quelques militants antifascistes (avec notamment des kurdes présents hier) ont osé virer ce “groupuscule”. Il faudra d’ailleurs m’expliquer comment, alors que la Place Royale est cernée de BACeux et leurs amis, ces 7 militants ont pu arriver tranquillement jusqu’à la place avec banderole et fumi… »

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