☠️ Escadrons de la mort ?


L’imaginaire mortifère et néofasciste de la police française


Vendredi 23 septembre 2022, une vingtaine d’écologistes ont bloqué l’accès à un terminal de l’aéroport du Bourget, près de Paris, pour protester contre les jets privés. Encerclés par la police, les militants et militantes ont été interpellé-es et douze ont été placé-es en garde à vue.

Lors de cette répression, un policier est apparu avec une cagoule représentant une tête de mort, comme le montre la photo du journaliste Ricardo Parreira. Un imaginaire mortifère qui s’inscrit dans une logique de radicalisation et de fascisation de la police française. Explications.

Cette photo pose plusieurs problèmes. D’abord parce que ce policier appartient à la CSI 93, la «Compagnie d’Intervention» du 93. Cette unité est célèbre parce qu’elle est mise en cause dans une vaste affaire de violences, de racket et de trafic de drogue. Elle aurait dû être dissoute suite à ce scandale impliquant de nombreux policiers, mais le préfet Lallement a fait pression pour que la compagnie soit laissée en place.

Ensuite parce que ce policier est cagoulé. En principe, dans un régime dit «démocratique», les agents de la force publique doivent être identifiés par des matricules et en montrant leur visage. La police détient le «monopole de la violence», elle doit donc être particulièrement contrôlée. C’est exactement l’inverse qui se produit en France : l’État fournit lui-même des cagoules aux policiers et les autorise à ne pas porter de matricule, pour ne pas être identifiables.

Enfin, le choix de cette cagoule avec une tête de mort est politique. Pour rappel, en janvier 2013, un légionnaire français avait été photographié avec la même cagoule lors d’une opération au Mali. L’image avait scandalisé jusqu’au sommet de l’armée, le soldat avait été sanctionné. 9 ans après, des policiers répriment avec le même symbole sans aucun problème. La police française est moins contrôlée par sa hiérarchie que l’armée.

Que signifie ce symbole ? Pourquoi un policier choisit-il délibérément une telle cagoule ? Par amour de la violence, du thème de la vengeance, de la mort, voire par idéologie fasciste ? Le slogan des fascistes espagnols était d’ailleurs «vive la mort !» Le journaliste Ricardo Parreira explique que cet agent portait également un autocollant sur son casque représentant l’archange Gabriel, donc un symbole religieux, qui viole ostensiblement le principe de laïcité.

Ces multiples références religieuses, militaires et violentes, s’unissent dans un même imaginaire : celui de l’extrême droite et de la vengeance, de la croisade. Le cas du policier du Bourget n’est pas isolé.

Le 3 novembre 2020, les lycéens sont encerclés par des policiers à Paris. L’un d’eux arbore sur son gilet pare balle plusieurs écussons, dont l’un d’eux figure un casque de spartiate sur fond tricolore. Un classique de l’iconographie d’extrême droite, en particulier depuis la sortie du film “300”. À la même période, à Pierrefite en Seine-Saint-Denis, deux policiers municipaux – dont l’un avec un masque tricolore – sont aperçus avec des écussons à tête de mort évoquant le film «punisher». En zoomant sur cet emblème, on peut lire une devise : «Dieu jugera nos ennemis, nous organisons la rencontre.» Une menace de mort explicite.

En septembre 2019, un agent des renseignements est photographié près d’une manif avec un T-Shirt de tête de mort croisée avec des pistolets : le logo d’une police militaire ultra-violente brésilienne, les BOPE. Des escadrons de la mort responsables de centaines de décès dans les favelas. De nombreux autres policiers ont été surpris avec des écussons de «punisher» ou des symboles d’extrême droite, notamment à Mantes-la-Jolie lors de la répression de lycéens en décembre 2018, ou encore en juin 2018, un CRS avec un logo ΜΟΛΩΝ ΛΑΒΕ – «viens prendre», littéralement, en grec – slogan de ralliement de l’extrême droite. En juillet 2020, un commissariat parisien affichait même un drapeau sudiste – esclavagiste – à sa fenêtre !

Les forces de l’ordre s’autonomisent et assument chaque jour d’avantage leur projet politique. Un projet de guerre, de déshumanisation, d’autoritarisme et de mort. Opposons leur la vie, la révolte, la dérision et la désobéissance.


L’explication de Ricardo Parreira :

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