Grenades explosives : le gouvernement prêt à tuer


Sur cette photo : l’explosion d’une grenade GM2L tirée par la gendarmerie. Elle a été prise samedi 29 octobre 2022, à Sainte-Soline, par la photographe Estelle Ruiz. Le même jour, des dizaines d’autres ont été tirées. Pour protéger un trou dans la terre, destiné à capter l’eau pour une poignée d’agro-industriels, la gendarmerie était prête à tuer.


La grenade GM2L – pour Grenade Modulaire à 2 effets Lacrymogène – contient un «mélange pyrotechnique» avec 48 grammes d’Hexocire. Il s’agit de l’explosif RDX mélangé à de la cire. Le RDX est 1,6 fois plus puissant que la TNT. Il compose par exemple le C4, l’un des explosifs militaires les plus puissants. Cette grenade remplace la célèbre GLI-F4, utilisée massivement à Notre-Dame-des-Landes ou lors des Gilets Jaunes, qui a arraché plusieurs mains de manifestants et n’est plus utilisée depuis 2020.

Samedi 29 octobre à Sainte-Soline, des dizaines de personnes ont été blessées, parfois sérieusement, par les explosions de la grenade GM2L, officiellement classée comme «arme de guerre». Les munitions, tirées avec des fusils «cougar» qui vont jusqu’à 150 mètres, explosaient en l’air, au-dessus des têtes ou au milieu de grappes de manifestant-es. Dans les champs, elles soulevaient des mottes de terre en rafales. L’État français n’hésite pas à prendre le risque de voler des vies pour faire perdurer le saccage de l’environnement, comme il l’a fait avec Rémi Fraisse à Sivens, il y a 8 ans presque jour pour jour.

Depuis qu’elle est utilisée, la grenade GM2L a déjà gravement mutilé. Samedi 5 décembre, 2020 à Paris, lors d’une manifestation contre la Loi de sécurité globale. Et le 19 juin 2021, à Redon, lors d’une free party en hommage à Steve. Deux mains arrachées, deux vies détruites. La France est le seul pays d’Europe a envoyer des explosifs sur la population civile, sur son propre sol.