Nantes : inauguration de la place du commerce, «aux arbres citoyen»


Action impromptue et impertinente contre l’aménagement urbain au service des caméras et du béton


Depuis 4 ans, le cœur de Nantes était en plein chantier dans le cadre d’un grand projet de «réaménagement» du secteur de la Place du Commerce. L’épicentre de tous les flux de transports et de piétons de la ville. 25,5 millions d’euros, 2,7 hectares transformés, 17 entreprises mobilisées… Pour construire une esplanade minérale et grise, truffée de caméras de surveillance.

La plupart des arbres qui entouraient la croisée des trams ont été abattus. 70 platanes en moins dans cette zone très passante, disparus, et tous les magnolias coupés pour y implanter un magasin. Un fleuriste transformé en entrée de parking en forme de bloc métallique. Encore plus douteux, au sol, des «bassins» en forme de cercueils noirs, qui font office de fontaines. Le projet de la Place du Commerce incarne exactement tout ce qu’il ne faut pas faire dans une ville. Le résultat : une vaste esplanade rocheuse, glissante sous la pluie, caniculaire au soleil.

Pourquoi une esplanade aussi dégagée ? Pour la surveillance évidemment ! Pas moins de 13 caméras au dessus de cette zone, pour scruter les moindres recoins. La mairie de Nantes se vante d’un endroit mieux «sécurisé».

L’inauguration officielle de Commerce avait lieu ce samedi 13 mai, en présence de la maire de Nantes. Une dizaine de polisson-nes y sont allé avec des pancartes : «nous sommes les arbres que vous avez coupé», «que du béton alors qu’y a plus de saison» et «aux arbres citoyen-nes».

Une personne au mégaphone a pris la parole au moment du discours de la maire Johanna Rolland, évoquant la répression policière à Nantes, la mort de Steve, provoquant la surprise et le malaise de l’équipe municipale.

Les objectifs sécuritaires de la place ont été dénoncés, et la destruction des dizaines d’arbres, provoquant des applaudissements inattendus des personnes présentes ! Des badauds ont ajouté leurs propres commentaires négatifs sur cet aménagement, qui ont été relayés au mégaphone : «quand il pleut ça sera une patinoire et cet été on pourra y faire cuire des omelettes».

De même, les risques pour les personnes malvoyantes ou à mobilité réduite ont été rappelés, car l’endroit «piétonnisé» est bourré de pièges : tout est gris. «Comme vos vies de social-traîtres» s’est permis d’ajouter l’orateur aux élu-es du PS.

Évidemment, cela n’a pas plus aux autorités. Des policiers sont arrivés, ont encerclé les importuns pour arracher le mégaphone en disant que cela «perturbait» le discours de la maire. Mais des passants sont venus dire aux policiers qu’ils préféraient ce qui était dit au mégaphone et qu’ils étaient simplement venus voir les fontaines et pas écouter la maire.

Les forces de l’ordre ont ensuite prétexté le bruit du mégaphone. Réponse : «Moins que vos grenades GM2L». Ils étaient dépités.

Les uniformes ont escorté la maire de Nantes pour qu’elle aille inaugurer une fontaine. Autour il n’y avait que des élus, des flics et des majorettes payées par la mairie. Quand la fontaine a démarré tout le monde à rigolé parce que les jets d’eau étaient ridiculement petits. Tout ça pour ça.

À la fin de cette perturbation taquine, des passants sont venus remercier… le groupe de contestataires.


Il n’y a pas besoin d’être nombreux et nombreuses pour déranger les autorités, et empêcher les élus de s’auto-congratuler d’un projet nuisible. Empêchons-les d’aménager nos villes comme bon leur semble, car la rue est à nous !


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Une réflexion au sujet de « Nantes : inauguration de la place du commerce, «aux arbres citoyen» »

  1. Très bien et si réconfortant ce petit reportage militant sur l’écolo-désastre de Nantes !

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