Ventes d’armes : la France complice des crimes de guerre israéliens


La France est le premier fournisseur européen d’armement à l’État d’Israël


La France est sur le sinistre podium des pays vendant le plus d’armes au monde. À la deuxième place du marché planétaire des ventes d’armement, la France représente en effet 8% de toutes les exportations de missiles, avions de chasse et navires de guerre. Quasiment un engin de mort sur dix dans le monde est “made in France”. La crise sociale est partout, mais les marchands de canon n’ont jamais fait autant de profits.

Israël est aussi un grand exportateur dans le domaine, puisque le pays est à la 8ème place des plus grands vendeurs d’armes. Surtout depuis la «normalisation» avec les pays arabes : des régimes comme les Émirats Arabes Unis, le Bahreïn ou le Maroc se fournissent désormais volontiers auprès d’Israël, ce qui était impensable il y a encore quelques années. Israël vend aussi des armes à l’Azerbaïdjan, qui agresse actuellement l’Arménie et tue sa population civile.

Mais la France et l’Israël échangent aussi des armes entre elles ! Depuis 15 jours, l’armée israélienne a tué au moins 6000 civils dans la bande de Gaza dont 2000 enfants, en bombardant massivement des zones urbaines densément peuplées. Des milliers de tonnes d’explosifs ont été déversées sur les immeubles, les écoles, les lieux de soin, les refuges…

S’agit-il de bombes françaises ? La question mérite d’être posée, car depuis 10 ans la France a vendu pour 200 millions d’euros d’armes à Israël. Rien que depuis l’élection de Macron en 2017, 111 millions d’euros d’armes ont été exportées vers le pays qui bombarde aujourd’hui Gaza. Ce sont les chiffres officiels du dernier rapport du ministère des Armées sur les exportations d’armement de la France.

Selon les chiffres de ce document, la France est le premier fournisseur européen d’armements à l’État d’Israël. La France lui vend des armes depuis les années 1950. En 1960, De Gaulle a décidé d’arrêter de fournir des armes à Israël, une pause de courte durée puisque les échanges ont repris dès les années 1970.

Combien de missiles, de blindés, de drones et d’équipements de pointe fabriqués en France servent à massacrer le peuple palestinien ? Ces équipements servent-ils directement à l’offensive en cours ? La France va-t-elle suspendre la vente de ces armes qui servent à commettre des crimes de guerre ?

Les échanges entre la France et Israël ne concernent pas que les armes de guerre. En juillet dernier, alors que l’armée israélienne menait un assaut meurtrier à Jénine, en Cisjordanie, le chef de la police israélienne révélait avoir reçu un fax du ministère de l’Intérieur français pour un «partage d’expérience sur la gestion des manifestations». Darmanin demandait de l’aide pour mater la révolte des banlieues françaises. Après les émeutes de 2005, Nicolas Sarkozy avait déjà demandé des conseils aux autorités israéliennes.

Plus globalement, le commerce entre ces deux pays est florissant. Tous produits confondus, les exportations françaises à destination d’Israël sont passées de 1.386 millions d’euros en 2020 à 2.131 millions en 2022 – soit une augmentation de 53%.

Nous avons peu de prises sur le conflit, mais les armes vendues à Israël sont bien fabriquées dans notre pays, et les ventes validées par notre gouvernement. Il est urgent d’exiger l’arrêt des ventes d’armes de la France à Israël, d’empêcher les complicités diplomatiques et militaires avec l’État colonial et plus largement d’imaginer des méthodes de boycott efficaces des échanges commerciaux avec lui.


Le rapport du Parlement sur les exportations d’armes de la France

Financez Contre Attaque
Tous nos articles sont en accès libre. Pour que Contre Attaque perdure et continue d'exister, votre soutien est vital. 
Faire un don

5 réflexions au sujet de « Ventes d’armes : la France complice des crimes de guerre israéliens »

  1. Les pseudo Chefs d’Etats sont de véritables “voyageurs représentants placiers” . Pour eux la boucherie n’est qu’un business comme un autre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *