Expédition de Romans-sur-Isère : les néo-nazis avaient une liste de noms et d’adresses à attaquer


Selon France Info, «certains membres des groupuscules d’extrême droite qui ont mené une expédition punitive xénophobe à Romans-sur-Isère (Drôme) le week-end dernier disposaient d’une liste détaillée des suspects dans l’enquête sur la mort de Thomas, poignardé à la fin d’un bal le 19 novembre à Crépol».


Un journaliste a eu accès à l’un des téléphones subtilisés aux fascistes et a pu identifier le propriétaire : un militant originaire de Rouen, membre de la Division Martel, un groupuscule néonazi. Sur ce portable se trouve une liste qui donne «les noms complets des principaux suspects du meurtre de Thomas, leur adresse, leur numéro de téléphone, ainsi que les prénoms et noms des membres de leur famille habitant le quartier de la Monnaie».

Du reste, l’organisation était préparée de façon militaire, avec des «chefs de section» et un «inventaire des armes». À ce niveau, il semble que les néo-nazis ne soient pas encore au point puisqu’ils y ont laissé des plumes.

Ces révélations font toutefois froid dans le dos. Il s’agit bien d’une milice constituée de dizaines de fascistes armés, venus des quatre coins de la France pour organiser une chasse aux noirs et au arabes, et en possession d’une liste précise. Des armes et de la littérature nazie ont d’ailleurs été retrouvées chez les suspects.

Cela veut dire qu’un policier ou un proche de l’enquête a fait fuiter volontairement la liste de noms à des individus dangereux. Cette affaire est extrêmement grave. D’autant que, dans les conversations entre néo-nazis, certains appelaient à s’en prendre aux mères des mis en cause, afin de les faire souffrir.

La porosité idéologique et même la collaboration active entre forces de l’ordre et groupuscules d’extrême-droite est démontrée une fois de plus. Dans une vidéo diffusée dimanche par le média d’extrême droite Le Livre Noir, un des fascistes présent à Romans-sur-Isère remerciait une équipe de la BAC de les avoir aidé.

À Lille, à Nantes ou à Lyon, des militants antifascistes se sont étonnés ces dernières années que des militants d’extrême droite possèdent des informations précises, par exemple l’identité ou les photos de militants de gauche. Qui d’autre que des policiers auraient pu leur donner ?

De même, lorsque des fascistes commettent des attaques, la police laisse faire, quand elle ne vient pas carrément en appui. Cela a été le cas en juillet 2021 à Nantes : quarante néo-nazis armés avaient chargé un cortège contre le Pass Sanitaire, sous les yeux de la BAC, qui avait attendu que les agresseurs se replient pour gazer et charger les antifascistes.

Les études sociologiques démontrent que la police vote majoritairement à l’extrême-droite. Son existence moderne est fondamentalement liée aux expériences de répression coloniale et au régime de Vichy. L’institution policière s’est structurée historiquement autour du racisme et de l’antisémitisme. À présent, des fonctionnaires de police n’hésitent pas à coopérer avec des milices.

Soulignons encore la gravité des faits. Des informations sensibles sur les suspects d’une enquête criminelle sont divulguées par des agents assermentés de l’État aux organisateurs de «la ratonnade» de Romans-sur-Isère, qui veulent déclencher une guerre civile.

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