Calais : une voiture fonce sur des réfugiés


Explosion des attaques racistes et contre les bénévoles qui aident les exilé-es depuis 2 semaines


La voiture fracassée sur un panneau publicitaire après avoir tenté d'écraser des personnes exilées à Calais.

Les faits ont eu lieu mardi 2 juillet à 22h30. Des jeunes originaires du Soudan venaient de quitter un point de distribution de nourriture d’une association humanitaire à Calais et rentraient vers leur campement.

En chemin, ils racontent avoir «croisé un groupe d’une dizaine d’hommes» près de voitures, puis «l’un d’eux serait monté dans son véhicule, les aurait poursuivis en zigzagant ou montant sur le trottoir» avant de percuter un jeune soudanais à deux reprises. La victime tentait d’échapper au chauffard, qui a foncé délibérément sur lui pour l’écraser. La voiture a fini sa course encastrée sous un panneau publicitaire.

Puis les soudanais rapportent que l’homme est descendu du véhicule accidenté, «armé d’un bâton», et a tenté de frapper l’homme à terre. Le cauchemar a continué puisque, toujours selon les victimes, le chauffard a été récupéré par un autre véhicule qui a «continué à les prendre en chasse et a tenté de leur bloquer le passage». Les soudanais ont réussi à se réfugier dans leur campement et les agresseurs se sont enfuis.

Ce témoignage est rapporté par l’association de solidarité avec les réfugié-es, Utopia 56, auprès de France 3. La personne blessée a été hospitalisée.

Le 18 juin, Utopia 56 révélait, photo à l’appui, que «près de Dunkerque, un liquide chimique a été mélangé à l’eau destinée aux centaines de personnes sans-abri. Cette eau, fournie quotidiennement par une organisation citoyenne, est utilisée pour boire, cuisiner et se laver. Une plainte va être déposée». On voit sur l’image diffusée par l’association un liquide bleu vif artificiel sortir du robinet sensé verser de l’eau, signe que le contenu du récipient a été empoisonné.

À propos de la tentative d’écrasement du groupe de jeunes soudanais du 2 juillet, le coordinateur d’Utopia 56 explique que cette agression n’est pas la première, mais que le contexte électoral et l’augmentation de l’extrême droite ont fait exploser les attaques. «Cela arrive souvent que les exilés soient insultés, mais aujourd’hui ils reçoivent aussi des pierres» explique-t-il. Les bénévoles aussi subissent cette nouvelle violence : «Une équipe Utopia a été suivie une nuit, et victime d’intimidation».

Auprès de France 3, il conclut : «On sent que les élections ont libéré un discours, ça existait avant, mais pas à ce point-là. La fréquence de ce type d’événement a explosé depuis 2 semaines».

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