Beyrouth en cours de destruction, évacuation de masse, casques bleus bombardés, projet d’annexion du sud du pays

Souvenez-vous. Le 4 août 2020, aux alentours de 18h, une explosion équivalente à 10 fois AZF avait soufflé le centre-ville de Beyrouth. Bilan : 235 mort·es, 6.500 blessé·es, 77.000 bâtiments détruits ou endommagés et environ 300.000 personnes sans abri. Les images de l’explosion ont fait le tour du monde et tous les grands États étaient au chevet du Liban.
Presque 6 ans plus tard, depuis le 2 mars 2026, Israël a assassiné, selon les chiffres officiels, plus de 300 Libanais·es en moins d’une semaine, et a provoqué le déplacement de plus de 900.000 habitant·es.
Il y a quelques jours, Israël a ordonné l’évacuation du sud du Liban, de la frontière jusqu’au fleuve Litani, préparant ainsi une énième invasion militaire. À noter que depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, Israël ne s’était pas intégralement retiré du pays et bombardait continuellement à la fois les positions du Hezbollah, de la FINUL et de l’armée libanaise. Autant d’agressions contraires au droit international et violant les accords signés par le gouvernement israélien lui-même.
Le 5 mars 2026, voyant que personne ne les empêcherait d’occuper le sud du Liban, Israël a cette fois-ci ordonné l’évacuation de la moitié de la capitale libanaise : les quartiers sud de Beyrouth, fief originel de la milice armée du Hezbollah. La zone ciblée par l’évacuation et la densité de population concernée sont équivalentes à celles de Toulouse ou de la rive sud de Paris. Les habitant·es fuient mais la plupart n’ont nulle par où aller et n’auront sûrement nulle part où revenir.
Israël est donc en train d’appliquer la méthode d’anéantissement et d’extermination menée à Gaza sur le territoire libanais, et en particulier dans la capitale du pays ! Le criminel de guerre, terroriste et représentant de l’inhumanité sioniste Bezalel Smotrich – pendant son temps libre, ministre des Finances israéliennes – a fièrement prévenu que la banlieue sud de Beyrouth allait être rasée, avec ces mots : «Dahiyeh ressemblera à Khan Younès».
Khan Younes est une ville du sud de Gaza qui a été réduite à l’état de poussières. Quant à Dahiyeh, cette localité libanaise a déjà été martyrisée par les sionistes. En 2006, lors d’une précédente attaque israélienne, Dahiyeh a même donné son nom à une nouvelle doctrine militaire. Cette année-là, 8 soldats israéliens sont tués dans des combats. Les généraux de l’armée israélienne décident de mettre en œuvre une nouvelle tactique qui sera baptisée «doctrine Dahiyeh». En représailles, il s’agit d’un usage disproportionné de la force en milieu urbain, sans aucune distinction entre cibles civiles et militaires dans un but de «dissuasion». Les bombardements tuent 1191 civils du quartier, et en blessent plus de 4000 autres en quelques jours. On peut donc s’attendre au pire concernant ce territoire et ses habitant·es.
Joseph Aoun, président libanais, a appelé à l’aide Emmanuel Macron qui a sorti sa plus belle arme de dissuasion : la «condamnation» verbale. Et bien sûr, un peu d’aide humanitaire histoire de tout juste maintenir en vie son petit allié libanais. Depuis, Beyrouth continue d’être pilonnée sans retenue par les missiles américano-israéliens, probablement aidés par le savoir-faire militaire français de nos fleurons de l’armement.
Le vendredi 6 mars, les casques bleus déployés au sud du Liban ont été suivis par un drone Israélien avant d’être pris pour cible par un bombardement de F-15. « Plusieurs membres des forces ghanéennes ont été blessés après que leur position dans la ville d’al-Qaouzah a été prise pour cible », selon l’Agence nationale d’information. Le bâtiment frappé est celui où se retrouvaient les officiers. Netanyahou continue de se torcher avec le droit international et l’ONU.
Dans la soirée, les forces spéciales israéliennes ont conduit une opération dans l’est du Liban afin de tenter de retrouver les restes de l’aviateur israélien Ron Arad, capturé en 1986 par une milice chiite pendant la guerre civile libanaise. Résultat : 41 morts côté libanais et pas de trace du cadavre de Ron Arad. Toutes les excuses sont bonnes pour souiller le sol libanais et massacrer ses enfants.
Ce dimanche matin encore, le pays du cèdre s’est de nouveau réveillé la gueule en sang de massacres perpétrés dans le sud du pays, notamment à Sir el-Gharbiyé, avec un bombardement faisant 15 morts de 4 familles différentes.
Le Liban, sa population et sa jeunesse, sont plongés dans un cauchemar sans fin diffusé en direct sur les télévisions du monde entier. Le Liban appelle à l’aide mais la France, autrefois prompte à jouer le rôle de sauveur suite à l’explosion du port de Beyrouth, a aujourd’hui abandonné son allié de toujours pour se ranger au côté de Netanyahou. Prêtant ses bases militaires pour l’agresseur et envoyant quelques miettes de nourriture pour l’agressé.
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