Nantes : la police toujours en guerre contre la liberté d’expression


Cancel culture : Alliance veut interdire de dire que la police fait «des bleus autour yeux»


À gauche, la police de Nantes tire au LBD.
À droite, un rappeur dit que "la police aime faire des bleus autour des yeux".

La police, on le sait, déteste la liberté. Et en particulier la liberté d’expression. Cet été, un syndicat policier a attaqué Nantes Révoltée pour une parodie d’affiches de recrutement. À la rentrée, c’est une marque de jus de fruit dont un logo ne plaisait pas à la police qui était retirée des rayons. La fête de l’Huma était elle aussi, mise en cause, parce qu’un rappeur y avait chanté «tout le monde déteste la police». Puis le candidat Philippe Poutou. Tout récemment, le syndicat d’extrême droite Alliance s’en est même pris à un dessin de Charb, le caricaturiste de Charlie Hebdo tué par des terroristes.

Nouvel épisode cette semaine à Nantes. Alliance s’est élevé contre un rappeur. La mairie de Nantes a co-organisé un petit festival pour promouvoir «les talents de la jeunesse». Dans ce cadre, un rappeur du Mans, Allebou, a chanté quelques morceaux. Le compte de la mairie a publié un tweet confidentiel, contenant un extrait de vidéo. 3 likes, 15 secondes d’images. Mais les syndicalistes policiers sont subventionnés pour traquer toute pensée un peu critique : ils ont épluché les textes du jeune rappeur. Et attention, c’est très violent : «la police aime faire des bleus autour des yeux» et «fais tes adieux» avant de manifester. Des propos d’une radicalité insoutenable. Il est vrai que la police n’a jamais fait le moindre bleu à personne, et que les manifestations sont des promenades de santé.

Les policiers nantais considèrent ces deux phrases, d’une banalité totale, comme étant «anti-police». On n’imagine pas ce qu’ils pourraient dire des textes de Brassens. Et ajoutent : «on n’est plus surpris d’avoir ce genre de propos de la part de ces rappeurs, mais il est incompréhensible que ce soit relayé et cautionné par la mairie». Le syndicaliste dénonce le «décalage entre ce que fait la municipalité de Nantes, qui demande des renforts policiers et augmente les effectifs de sa police municipale, et la mise en avant d’un tel individu» Pour une fois, ce n’est pas faux. Cette mairie soi-disant de gauche fait semblant de promouvoir les cultures urbaines alors qu’elle applique une politique ultra-répressive digne de la droite dure. Un double discours insupportable.

En bon paillasson des forces de l’ordre, la mairie de Nantes s’est empressée de s’aplatir, en reconnaissant et saluant «le travail réalisé, au quotidien, par la police nationale pour la sécurité des Nantaises et des Nantais». Dans ce communiqué, la mairie va même «condamner toute forme de violence». Y compris celle qui tue, éborgne, blesse et terrorise des centaines de nantais et nantaises en toute impunité ?


Source : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/la-promotion-d-un-rappeur-par-la-mairie-de-nantes-agace-le-syndicat-de-police-alliance-8a00304a-4f6d-11ec-b93a-6aa1b43b752b

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