Des composants “Made in France” dans les mitrailleuses israéliennes


Scandale d’État : la France arme le génocide, le gouvernement a menti


La France fournit à Israël des pièces pour des fusils mitrailleurs utilisés à Gaza. Ce sont les révélations du média d’investigation Disclose – qui avait déjà été inquiété par la police pour ses travaux sur les ventes d’armes françaises – et de Marsactu.

Leur enquête évoque une cargaison expédiée en secret depuis Marseille, en totale contradiction avec les engagements du gouvernement français.

Selon cet article publié mardi 26 mars, «la France a autorisé, fin octobre 2023, la livraison à Israël d’au moins 100.000 pièces de cartouches pour des fusils-mitrailleurs susceptibles d’être utilisés contre des civils à Gaza». Il s’agit «de petites pièces métalliques servant à relier entre elles des balles de fusils-mitrailleurs» qui permettent aux soldats israéliens «des tirs en rafale». Par exemple, ces rafales qui ont tué plus d’une centaine de gazaouis lors d’une distribution de nourriture à la population affamée le 29 février dernier, le tristement célèbre «massacre de la farine». Les armes concernées sont les Negev 5, qui permettent de tirer entre 650 et 950 coups par minute ou d’envoyer des grenades, et qui équipent les fantassins de Tsahal.

Une photographie montrant une cargaison d’armement destinée à Israël a été publiée par les journalistes, avec un bordereau scotché sur un carton où l’on peut lire en anglais : «10.000 liens M27 pour des munitions de 5,56 millimètres [10.000 links M27 for 5,56 mm Ammo]». Ces caisses étaient stockées dans un hangar appartenant à l’entreprise Eurolinks, une firme spécialisée dans la fabrication d’équipements militaires et basée à Marseille.

Disclose a recueilli le témoignage d’une source évoquant «plusieurs dizaines de colis de la même taille, maintenus sur une palette par du film plastique et empilés sur près de deux mètres de hauteur. Ils étaient dans l’entrepôt, prêts à être expédiés». Sachant que «chaque carton pèse 22 kg», les journalistes estiment que «jusqu’à 800 kg de pièces ont été envoyées en Israël par Eurolinks».

Quelques heures seulement après ces révélations, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a nié ces ventes à Israël, prétextant que ces composants étaient réexpédiés ailleurs. Lors d’une audition en février, le même Ministre avait promis que la France ne fournissait à Israël que des équipements permettant «d’assurer sa défense». Ce qui ne veut absolument rien dire, puisque l’extrême droite israélienne estime qu’il faut exterminer ou déporter tous les palestiniens pour assurer sa prétendue «défense». Quoiqu’il en soit, le ministre français a menti.

Cette complicité avérée des pouvoirs publics et d’entreprises françaises avec un État colonial et criminel n’est malheureusement pas isolée. Nous révélions qu’au mois de juin, la Région Bretagne avait débloqué 24 millions d’euros pour le «développement économique, l’innovation et l’emploi» de la région, et qu’au sein de ce budget, les élus bretons ont voté un don de 150.000€ au groupe français Thales. Une firme spécialisée dans les technologies de l’armement, qui partage son commerce de mort avec Israël. L’argent public aide les partenaires du génocide.

Depuis 10 ans la France a vendu pour 200 millions d’euros d’armes à Israël. Rien que depuis l’élection de Macron en 2017, 111 millions d’euros d’armes ont été exportées vers le pays qui bombarde aujourd’hui Gaza. La France est le premier fournisseur européen d’armement à l’État d’Israël et échange aussi des «savoirs» avec l’État hébreu. Darmanin a officiellement demandé des conseils à Israël pour maintenir l’ordre après les révoltes pour Nahel l’été dernier.

Plus globalement, le commerce entre ces deux pays est florissant. Tous produits confondus, les exportations françaises à destination d’Israël sont passées de 1.386 millions d’euros en 2020 à 2.131 millions en 2022 – soit une augmentation de 53%.

Enfin, il y a 4185 soldats de nationalité française sur le front. La France est la deuxième nationalité étrangère représentée dans l’armée israélienne derrière les États-Unis et plusieurs soldats franco-israéliens se vantent de crimes de guerre, notamment à travers des vidéos. L’un d’eux s’était félicité de la torture de prisonniers palestiniens en filmant un homme ligoté et couvert d’hématomes. Ces criminels de guerre, qui commettent un génocide pour le compte d’un État fasciste, ne sont pour l’instant pas inquiétés par la justice française qui fait preuve d’une mansuétude hallucinante à leur égard, comparé au harcèlement de fidèles musulmans pour de simple propos jugés non républicains.

Face à l’horreur quotidienne à Gaza, nous nous sentons impuissant-es. Pourtant, depuis la France, il est possible de lutter concrètement contre la machine coloniale : en ciblant les entreprises qui arment Israël, en empêchant les exportations, en faisant connaître les exactions des soldats français, entre autres…

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