À Nice, certains drapeaux sont plus égaux que d’autres


Christian Estrosi est maire de Nice et proche de Macron. Il illustre à lui seul la pensée coloniale et le racisme qui infusent la classe politique française.


À Nice, pour Christian Estrosi certains drapeaux sont plus égaux que d'autres

Dès 2012, Estrosi crée la polémique en imposant aux époux qui passent dans sa mairie une «Charte des Mariages» qui punit toute «manifestation d’exubérance bruyante», en visant clairement les «youyous», les cris, «la musique et autres groupes folkloriques». Selon lui, ces manifestations de joie seraient de nature à «déranger le voisinage et à troubler la solennité de l’instant». En réalité, il vise les communautés originaires d’Afrique du Nord.

En juin 2014 : il décide d’interdire «l’utilisation ostentatoire de tous les drapeaux étrangers sur l’hypercentre» de la ville pendant la durée de la Coupe du monde de football afin de «maintenir l’ordre et la tranquillité publique et éviter les débordements» et demande «au préfet des Alpes-Maritimes d’être vigilant quant au respect de cette disposition qui doit permettre à la police nationale de veiller au respect des symboles de la République française». En toile de fond, les médias visent explicitement les drapeaux de pays du Maghreb, en particulier celui d’Algérie.

Un mois plus tard, en juillet, la justice administrative suspend cet arrêté en évoquant son «caractère non proportionné». Mais le maire refuse de le retirer.

En octobre, 2023, Christian Estrosi pavoise sur la mairie le drapeau d’Israël, symbole de son soutien inconditionnel à l’État colonial qui massacre Gaza. Puis, visé par le recours d’une association niçoise pro-palestinienne qui rappelle le principe de neutralité, il réaffirme son souhait de maintenir ce drapeau indéfiniment. De plus, la mairie de Nice affiche de nouveau les portraits et les noms des otages français à Gaza mais évidemment aucune mention des dizaines de milliers de civils palestiniens.

Enfin, ce 13 avril 2024, dans le cadre d’une interview à la presse locale, une photo montre le maire carrément afficher le drapeau israélien dans son bureau personnel, mais aussi un chandelier à 7 branches, symbole hébreux, religieux au même titre que la croix des chrétiens ou le croissant des musulmans, et donc en violation flagrante de la laïcité.

Pour la droite française, Israël est «la pointe avancée de l’occident». Derrière le génocide à Gaza, à travers l’usage de symboles et l’interdiction d’autres, c’est le spectre toujours présent de la guerre d’Algérie qui continue de planer dans les esprits de la droite française et son racisme décomplexé. Cette guerre de civilisation rêvée par Estrosi et ses amis passe par un soutien absolu au gouvernement fasciste de Netanyahou, et des humiliations et répressions quotidiennes des minorités originaires du Maghreb.


Ces instrumentalisations mettent en danger à la fois les musulmans et les juifs vivant en France.


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